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Samedi, 04 Fév 2012
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Préparatifs de la fête de Ramadan : la volaille et les habits de fête au cœur des préoccupations

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La communauté musulmane s'apprête à célébrer, ce jeudi 9 août, l'Aïd El Fitr ou fête de Ramadan qui marque la fin d'un mois de jeûne. Cette année encore, la fête coïncide avec les préparatifs de la rentrée scolaire, ce qui fait flamber les dépenses des ménages. Outre les habits de fête, les chefs de familles doivent assurer le repas copieux, à base de volaille, surtout les pintades, très prisées pour la circonstance. Après, il va falloir immédiatement s'atteler à la préparation de la rentrée, avec l'achat des fournitures scolaires et le versement des frais d'inscription. Un véritable casse-tête.

Avec toutes ces dépenses sur une courte période, dans de nombreuses familles, c'est l'heure de la grande "débrouillardise'' et d'endettement excessif pour certains. Du côté des commerçants, chacun essaie d'écouler ses marchandises en tentant de réaliser les meilleurs chiffres d'affaires. L'Aïd El Fitr est l'une des plus importantes fêtes musulmanes. Déjà, ce sont les va et vient dans les marchés. Qui pour acheter des condiments pour le repas de la fête, qui pour acheter des habits pour soimême et/ou pour les enfants. Chacun veut manger un repas copieux et se vêtir de ses plus beaux habits pour le traditionnel ''Barka da Sallah'' ou ''Keyessi'' chez les parents, amis et connaissances. Mais c'est surtout du côté des femmes que ça se bouscule beaucoup. Dans tous les marchés de la place et même dans les quartiers périphériques, on vend toutes sortes de produits. De la volaille (poulet, pintade) en passant par le poisson et les légumes frais, les épices etc. Zouera, une ménagère, rencontrée au Nouveau Marché de Niamey déclare avoir acheté déjà certains condiments pour la fête. ''Comme j'ai une grande famille et la vie est chère, il faut si possible commencer tôt, car la veille de la fête, les marchandises coûteront encore plus cher. Malgré l'appel à la modération des autorités compétentes, les prix sont restés les mêmes pour certaines marchandises'', se plaint-elle. Les prix des marchandises varient selon leur provenance et les principaux marchés de la place. La majorité des produits de consommation courante a connu une hausse. Par exemple, au Petit Marché, les prix du poulet varient de 1.600 à 2.750 FCFA. La pintade coûte, elle, de 2.500 à 3.750 FCFA. ''Pour cette fête, on sait que c'est la volaille qui est très sollicitée, c'est pour cela que son prix monte à l'approche de la fête du Ramadan'', explique Zouéra.

Disponibilité des produits, mais la cherté rebute

Les consommateurs ne cachent pas leur inquiétude, convaincus que ces prix vont certainement grimper. Mais il n'y a pas que la volaille, la viande et le poisson sont aussi prisés. Selon les spécialités culinaires, le panier de la ménagère peut aussi comporter des légumes et la tomate fraîche très chère en cette période. Même si la production locale de l'oignon est suffisante pour satisfaire le besoin de la population, on remarque une hausse progressive des prix. La tasse coûte entre 1.100 et 1.150 FCFA. Les prix des légumes frais et des épices ont également augmenté, car importés des pays voisins (Burkina et le Nigeria). Selon certains consommateurs, les tomates ne sont pas de même qualité. La production locale est plus chère que celle importée. Une tasse de tomate fraîche en provenance du Bénin coûte 1.800 FCFA tandis que celle produite localement s'achète à 2.300 FCFA au Petit Marché. Le prix de la pomme de terre produite au Niger est aussi plus élevé que celui importé du Nigeria qui est fixé à 400 FCFA. Quant au piment frais, il varie entre 500 et 750 FCFA la mesure, pendant que le litre d'huile est fixé à 900 FCFA au Petit Marché de Niamey.

Selon Ibrahim Amadou, un marchand d'épices au Petit Marché, ces derniers temps, il y a des prix qui ont augmenté et d'autres sont restés stables. Même les prix de la mesure de sel et de piment ont augmenté. La mesure de piment sec se vend à 2.500 FCFA. En attendant certainement la veille de la fête, un kilo de viande avec os coûte 2.000 FCFA, sans os 2.500 FCFA ; un kilo de capitaine est vendu à 3.500 FCFA ; les autres espèces telles que les carpes à 2.000 FCFA et le menu fretin, toutes espèces confondues, par tas de 10 à 15 entre 700 à 1.250 FCFA. Ceux qui n'ont pas la portefeuille bien garni se contenteront des ailerons de poulet ou de dindon importés dont le kilo varie entre 1.800 et 2.000 FCFA en fonction de la situation géographie du magasin où il est vendu. Les ménages moins nantis se rabattent sur le poisson de mer dont les prix sont accessibles à toutes les bourses. Ils varient entre 700 à 1.000 FCFA en fonction de la variété. Pour les conserves comme le petit pois, la tomate concentrée et les épices,les prix restent inchangés. Elles se négocient entre 1.000 à 3.000 FCFA la boîte, selon la qualité et le poids. La pomme de terre passe de 450 FCFA à 550 FCFA le kg. Mais c'est l'oignon qui coûte excessivement cher, la mesure vendue à 1. 750 FCFA.

Le côté religieux de la fête

Le mois béni de Ramadan n'est pas synonyme de frénésie dépensière et d'endettement inutile, selon les Ulémas. Le prêcheur Alarama Abdoul Aziz rappelait qu'avant la fête de l'Aïd El Fitr, le musulman doit chercher pendant la dernière décade la nuit de la destinée. Une nuit au cours de laquelle tout se décide par Allah. Au cours de cette nuit supposée être la 27ème du mois de Ramadan par les Ulémas, le musulman doit passer tout son temps à prier, à implorer, à louer et à demander à son créateur. Pour lui, la célébration de la fête de Ramadan se manifeste par une journée destinée à bien manger et au bonheur après un mois de privation.

''C'est la raison pour laquelle, il est prescrit aux musulmans, ayant les moyens, de le faire la Zakkat Fitr, qui est une sorte d'entre aide. Chaque jeuneur doit donner 4 ''moudres'', environ 2,5 kg de céréales aux nécessiteux. Un chef de ménage doit prélever cette Zakkat pour tout celui qui vit sous son toit, même si c'est un nouveau né'', a dit Abdoul Aziz. Par ailleurs, tous les musulmans doivent prendre part à la prière commune du jour de la fête.

Mahamadou Diallo

08 septembre 2010
Publié le 08 septembre 2010
Source : Le Républicain

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