Trente sept ans plus tard, le dispensaire qu'il était à sa création a beaucoup évolué. De part sa position actuelle, cet hôpital reçoit des malades de partout. De la région de Diffa, mais aussi du Nigeria et du Tchad voisins. Outre sa mission de prise en charge psychoaffective des patients et leur accueil et orientation vers les différents services, le Centre hospitalier régional de Diffa est une référence de trois districts sanitaires de la région. Il est un centre de recherche scientifique et a également une mission de formation et de recyclage.
Selon son directeur, Dr Abdou Gagara Dalla, de sa création à aujourd'hui, le CHR de Diffa a subi de nombreuses transformations, principalement ces dernières années, grâce à un financement du projet santé 2 qui a construit de nouvelles infrastructures. Celles-ci ont été équipées grâce à l'acquisition de nouveaux équipements dans le cadre du Plan de développement sanitaire (PDS). Une aubaine pour cette frange de la population nigérienne qui était obligée de venir jusqu'à Zinder, distante de 460 kilomètres plus à l'ouest, souvent pour une opération bénigne. Certes, ce n'est pas encore un hôpital de référence à l'image de celui de Zinder, mais un pas de géant a été franchi. En effet, bien que de nombreux agents de santé ne veuillent pas servir dans cette région, l'hôpital de Diffa, à en croire son directeur, dispose d'un personnel compétent et même de spécialistes dans certains domaines. Quant à l'équipement, sa mise en place se poursuit, ajoute Dr Gagara. Ce qui du reste a permis d'augmenter le niveau de prestation et par conséquent celui des recettes internes. La vérité est que l'hôpital régional de Diffa, selon son directeur, répond aujourd'hui aux besoins de la population.
Mais il faut attendre ces trois dernières années pour voir le niveau de fréquentation augmenter. Non pas que les prix des prestations aient diminué, mais à cause de la gratuité des soins, de la consultation prénatale et d'autres prestations qui sont actuellement possibles. Ainsi, en 2005, 1327 personnes ont été hospitalisées ; en 2008, elles étaient 2530. Quant au taux d'admission, il est respectivement de 11.595 en 2005 ; 18.292 en 2007 ; 16.000 en 2008 et 13.800 au premier semestre 2009. La gratuité des soins a permis de rehausser le taux de fréquentation, a affirmé Dr Abdou Gagara Dalla. A cet effet d'ailleurs, à la date du 30 octobre dernier, 73 millions de FCFA, représentant les frais de prestation de services dans le cadre de la gratuité des soins, n'ont pas été remboursés par l'Etat au CHR de Diffa, précise-t-il.
Cependant, pour mener à bien ces prestations, il faut du personnel. En moins de deux ans, le personnel de cet hôpital est passé de 80 agents toutes catégories confondues, à 139 aujourd'hui. Parmi ce personnel, il y a huit médecins, dont deux gynécologues, un chirurgien, un capacitaire en chirurgie (chirurgie d'urgence), deux généralistes, un dentiste et un pharmacien. Le système de motivation mis en place par l'Etat pour encourager les agents à aller servir dans les zones éloignées y est peut être pour quelque chose. Ces braves agents soignent non seulement les patients nigériens souffrant de différentes pathologies, mais également ceux des pays frontaliers dont le système sanitaire est défectueux.
Justement, cette situation entrave quelque peu la bonne marche des services du centre hospitalier régional de Diffa. En effet, souligne Dr Gagara, le budget affecté à ce centre hospitalier ne prend pas en compte les populations des pays frontaliers qui, malheureusement, affluent. Avec l'exploitation prochaine du pétrole, a-t-il indiqué, il faut s'attendre à l'apparition d'autres pathologies. C'est d'ailleurs en prévision de cette situation que l'établissement hospitalier a élaboré un projet qui prendra en compte tous ces problèmes.
Abdou Saïdou
ONEP Zinder/Diffa
16 Février
Publie le 16 février
Source : Le Sahel
































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