
L'Institut International de Recherche sur les Cultures des Zones Tropicales semi-arides (ICRISAT) a organisé hier dans son centre de recherche de Sadoré, situé à une quarantaine de kilomètres sur la route de Say, une journée portes ouvertes. Le ministre de la Promotion des Jeunes Entrepreneurs et de la Réforme des Entreprises Publiques,
le préfet du département de Say, les représentants des institutions internationales, les bailleurs de fonds de l'ICRISAT, ainsi que les chercheurs de l'institut, avaient pris part à cette journée porte ouverte.
Dans l'allocution d'ouverture qu'il a prononcée dans la salle de conférence du centre, le directeur de l'ICRISAT Afrique de l'Ouest et du centre, M. Farid Waliyar, a souligné que d'habitude cette journée est organisée avec l'Institut National de Recherche Agronomique du Niger (INRAN) qui est leur partenaire. L'absence de cette institution est due au fait qu'elle a organisé le week-end dernier à Maradi une journée similaire. M. Farid Waliyar devait par la suite indiquer que la zone semi-aride est exposée à tous les aléas climatiques, avec un système agraire non amélioré, des variétés et des intrants souvent non disponibles. Dans cet environnement assez difficile, devait-il poursuivre, l'ICRISAT essaye d'améliorer l'agriculture pour l'adapter à ces conditions difficiles. Selon M. Farid Waliyar, le programme d'Afrique de l'ouest est axé sur deux pôles. Le Niger qui est la maison-mère pour la région, et qui compte le centre régional pour l'amélioration du mil, et le centre régional pour la gestion des ressources naturelles et la diversification des cultures. Au Mali, il y a le centre régional pour l'amélioration du sorgho et de l'arachide. Le président de la coopérative nationale des maraîchers du Niger, M. Bagnou Idrissa, a adressé à l'ICRISAT les remerciements de tous les maraîchers du Niger pour les semences améliorées que l'institut a toujours mis à leur disposition.
Aussitôt après cette cérémonie d'ouverture, les invités à cette journée porte ouverte ont fait le tour des différents périmètres d'expérimentation. C'est ainsi qu'ils se sont rendus successivement sur les périmètres du programme arachide, du programme de sélection de mil, sur le périmètre micro dose qui est un système intégré de la fertilisation des sols, le jatropha,
l'oseille et le moringa avec l'irrigation au goutte-à-goutte, au jardin potager africain etc. Ils se sont également rendus sur un terrain d'un hectare, qui a été mis en valeur par les femmes de la contrée après une récupération de terre à l'aide des demi-lunes et des tranchées. Une mise en valeur qui a permis à ces femmes de planter du gombo et du moringa. Cette série de visites au niveau des différents périmètres d'expérimentation a été ponctuée de séances d'explications de la part des chercheurs de l'ICRISAT. Selon M. Farid Waliyar qui est un spécialiste de l'arachide, la flatoxine est une maladie de l'arachide, du niébé, du maïs, du coton et de bien d'autres cultures. Chez l'arachide, devait-il ajouter, la flatoxine est une toxine produite par un champignon qui rentre dans la graine en période sèche. Elle est très dangereuse pour la santé humaine et animale.
“L'ICRISAT a, depuis plusieurs années, intervenu dans ce domaine pour qu'il y ait moins de flatoxine. On a des variétés qui sont tolérantes, et des pratiques agricoles qui permettent d'empêcher au champignon de s'installer dans la graine'', a indiqué le chercheur. Une séance d'échanges avec les chercheurs, la visite de la banque des semences, ainsi qu'une exposition ont suivi la visite des champs expérimentaux.
Le ministre de la Promotion des Jeunes Entrepreneurs et de la Réforme des Entreprises Publiques, M. Salatou Ousseini, a saisi l'occasion des échanges avec les responsables de l'ICRISAT pour parler des dossiers des jeunes qui veulent investir dans l'agriculture, initiés par son département ministériel. Il a souhaité que le traitement de ces dossiers adressés à l'ICRISAT soit accéléré pour que les jeunes nigériens qui veulent exercer dans la terre puissent être de véritables promoteurs. Quant au Préfet du département de Say, M. Adamou Idé, il a souligné que c'est une grande chance pour Say de disposer d'un tel institut de recherche agronomique. Il a lancé un appel à tous les producteurs nigériens pour qu'ils s'approvisionnent en semences améliorées auprès de l'ICRISAT. On rappelle que la mission de l'ICRISAT consiste à réduire la pauvreté, à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des zones tropicales semi-arides et à préserver leur environnement en contribuant à l'autonomisation des pauvres grâce à une " science à visage humain ".
Oumarou Moussa
30 septembre 2009
Publié le 30 septembre 2009
Source : Le Sahel
