avec l’ordre légal et même sécuritaire des populations. Même si ce n’est pas très tôt, il faut vivement applaudir cette initiative.
Nul doute que la vente de ces médicaments dans la rue, hors du circuit des officines, est extrêmement populaire au Niger alors qu’elle est totalement illicite. Ce phénomène semble prendre une grande ampleur à Zinder où il est impossible de se déplacer sans croiser dans la rue un vendeur de médicaments ambulant. Ces vendeurs sont en majorité des jeunes ruraux, qui ont une moyenne d’âge de 25 à 30ans sans compétence particulière et sans bagage scolaire. Arrivés à Zinder à la recherche d’un gagne-pain honnête. Ils vendent alors des médicaments comme n’importe quelle autre marchandise : le client choisit le produit qu’il veut acheter et le vendeur le lui remet en quantité voulue. Mode d’emploi ? On se débrouille entre les deux ! Pas de notice parfois ! Juste le conseil d’usage d’un vendeur qui l’aurait appris d’un pharmacien. Quand le client pose de questions qui dérangent, il arrive que le vendeur balbutie des réponses évasives qui diffèrent forcément d’un client à un autre et ou d’un vendeur à un autre. Alors, bonjour les dégâts !Il est reconnu que ce type d’utilisation des médicaments a un impact néfaste sur la santé des populations, lesquelles mal informées ou sous informées représentent la plus grosse partie de leurs victimes. Le marché de la rue permet à n’importe qui d’acheter n’importe quel médicament pour n’importe quel usage. Il favorise l’automédication, les toxicomanies et les résistances qui sont sources d’échec
thérapeutique.Voilà pourquoi, un moindre mal tue car tout traitement adéquat échoue ! Les morts par maladie bizarre sont légion ! « Je me rappelle avoir pris des comprimés anti-paludiques et m’étais retrouvé juste après victime d’une diarrhée chronique ! Les médicaments de la rue, c’est un poison ! » rapporte Illou Abdou, un jeune chômeur du quartier N’Walla. Mais la question que tout le monde se pose aujourd’hui et qui mérite d’être élucidée est la suivante : « Outre le circuit du Nigeria, où est ce que ces jeunes revendeurs et grossistes trouvent ces médicaments ? ». Pour répondre à cette question, M. Salifou B., agent de santé à Zinder renchérit en ces termes : « il faut admettre qu’il existe quelque part une mafia organisée qui tire des grosses dividendes de ce marché!». «Des médicaments destinés parfois aux dons sont filés à des commerçants moyennant ristournes. Certains agents de santé se portent bien grâce à ce trafic fort juteux » reconnaît l’agent avec une pointe de dégoût. Même s’il serait injuste de jeter l’opprobre sur tous les agents de santé, il faut accepter qu’il existe un marché parallèle aux officines approvisionné par des grossisses installés ouvertement dans les différents marchés de Zinder, ou par des vendeurs de moindre surface. Un grossiste qui a requis l’anonymat soutient mordicus : « Je vous jure qu’il n y a aucune différence entre nos produits et les leurs car nous «buvons » à la même source ». Ne peut-on pas en vertu de cette confidence affirmer que dans la bergerie des agents de santé, il y a des hyènes déguisées qui paissent allégrement sur la naïveté du gros du troupeau ? Certes, tous les pharmaciens et tous les agents de santé ne sont pas complices mais il est grand temps que des mesures soient prises au plus vite si non certaines pharmacies mettront bientôt la clé sous le paillasson. La complaisance de ces derniers à l’égard de ces « pharmaciens new age » est suicidaire et incompatible avec leurs obligations légales et déontologiques.Quelle solution alors ? L’éradication de ce marché illicite est plus que nécessaire! Mais pour ce faire, il faut un véritable engagement de la part de tous les acteurs en cause !Par exemple mettre en place au-delà des discours, une vraie politique d’acheminement et de distribution des génériques ; faire la promotion de la pharmacopée traditionnelle serait aussi une bonne oeuvre car les produits pharmaceutiques ne sont pas à la portée de toutes les bourses ; et assurer une meilleure gestion des dons de médicaments.Et enfin une réflexion et une action commune des différents pays de la sous-région confrontés à ce problème sont indispensables. Voilà à notre humble avis comment résoudre ce problème qui fait des morts ; des malades mentaux ; des chômeurs et ruine l’économie d’un pays puisque l’Etat ne perçoit officiellement rien de ce type des commerces ambulants.
IDRISSA HAMANI ET A.TALLÉ
05 Juin
Publié le 05 Juin 2008
Source: Le Damagaram
































énigrer le...