Le gouvernement et les partenaires techniques et financiers ont signé, hier matin à Niamey, le document de Projet d’Appui au Processus Electoral au Niger (PAPEN 2010-2011).
La cérémonie s’est déroulée dans la salle Margou de l’Hôtel Gaweye. C’est le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses, M. Cissé Ousmane, et Mme Khardiata Lo N’Diaye, représentant résident du PNUD, coordonnatrice du Système des Nations Unies (SNU) au Niger qui ont apposé leurs signatures sur le document de convention respectivement au nom du gouvernement et des partenaires. Quarante et un (41) millions de dollars US, soit un peu plus de 20 milliards de francs CFA, tel est le montant des fonds à mobiliser auprès des partenaires dans le cadre de la préparation et de l’organisation des différentes échéances électorales dans notre pays.
La cérémonie a enregistré la présence des responsables des institutions de la transition, des membres du CSDR et du gouvernement, des représentants du corps diplomatique et des organismes internationaux accrédités au Niger, du directeur de cabinet du président du CSRD, du président et des membres de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), des représentants de la Commission de la CEDEAO, des conseillers à la primature, des leaders des partis politiques et des acteurs de la société civile. A travers ce projet, la communauté internationale apportera un appui technique et financier important au Niger dans le cadre du processus électoral.
Le projet est articulé autour de quatre (4) axes principaux à savoir le renforcement des capacités de la CENI pour la gestion et la coordination du processus électoral de transition 2010, l’éducation civique, la communication/information et sensibilisation des électeurs, l’appui aux opérations du processus électoral (y compris la révision exceptionnelle du fichier) et la pérennisation des acquis et la planification du cycle électoral. Le document signé hier matin est l’aboutissement d’un processus qui a débuté le 10 mai 2010 quand le gouvernement a saisi le Système des Nations Unies pour solliciter l’appui de la Communauté internationale. Par la suite, le département des affaires politiques des Nations Unies a effectué une mission d’évaluation des besoins en assistance du 14 au 24 juin, suivi d’une mission conjointe UE/PNUD du 1er au 15 juillet 2010. C’est dire que le PAPEN est le fruit d’un processus participatif et consensuel entre les autorités nigériennes, les partenaires et le SNU. Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses, s’est félicité de cette signature qui est selon lui, ‘’l’heureuse consécration de la requête du gouvernement auprès du SNU pour l’assistance à la préparation, l’organisation et le déroulement des différents scrutins prévus au cours de la transition’’. Cette cérémonie est aussi importante aux yeux de l’ensemble des populations nigériennes qui attendent avec impatience la restauration de la démocratie et la mise en place des institutions conformes à leurs besoins et leurs aspirations dans le délai consensuel retenu. Le ministre Cissé Ousmane a tenu à féliciter l’engagement des acteurs aux côtés du CSRD et du gouvernement pour le bon déroulement de la transition. ‘’Avec les différentes composantes de ce projet (le PAPEN), la CENI est suffisamment outillée pour remplir efficacement sa mission’’ a indiqué le ministre de l’Intérieur. Il a assuré que toutes les dispositions sont prises au niveau du gouvernement pour encadrer et accompagner le processus jusqu’à son terme. Pour la représentante résidente du PNUD, coordonnatrice résidente du SNU, cette signature est une étape décisive dans l’appui que les partenaires au développement entendent apporter dans le cadre de l’accompagnement du processus de transition au Niger. ‘’Les fonds seront mobilisés auprès des partenaires qui ont manifesté leur disponibilité à constituer un panier commun de ressources géré conformément aux procédures du PNUD’’, a indiqué Mme Khardiata Lo N’Diaye. A la date de la signature du document, les engagements notifiés par les différents partenaires couvrent déjà, selon la coordonnatrice du SNU au Niger, plus de la moitié des fonds attendus (41 millions de dollars) dans le panier commun. Mme Khardiata Lo N’Diaye a salué la promptitude avec laquelle certains partenaires comme l’Union Européenne, le Japon, le Danemark et le PNUD ont réagi. Elle a saisi cette occasion pour appeler les autres partenaires à une mobilisation accrue pour combler le gap restant. La coordonnatrice résidente du SNU a enfin exprimé sa gratitude au gouvernement et aux partenaires pour la confiance placée au Système des Nations Unies pour assurer la coordination des partenaires et des efforts communs dans le cadre de l’accompagnement du processus électoral au Niger. ‘’L’organisation d’élections crédibles, légitimes, conformes aux normes internationales et instruments régionaux régissant les processus électoraux intégrant l’équité du genre et susceptible d’assurer le retour à l’ordre constitutionnel normal représente un enjeu de taille pour le Niger et pour la restauration de sa démocratie’’ a affirmé la coordonnatrice du SNU, c’est pourquoi elle a fondé l’espoir que le budget de la CENI sera bouclé dans les prochains jours. Quant au président de la CENI, il a indiqué que, depuis son installation le 14 juin 2010, la CENI s’attelle à l’organisation des différentes élections. Il a réitéré la détermination de ladite institution à conduire le processus électoral avec équité, transparence et à garantir en toute indépendance la régularité du processus conformément aux textes nationaux, régionaux et aux standards internationaux. M. Abdourahamane Gousmane a souligné le contexte particulier dans lequel intervient le processus électoral actuel. Il s’agit notamment de la crise alimentaire, des inondations et la présence des essaims de criquets pèlerins dans certaines zones. A cela, il faut ajouter la multiplicité des scrutins (6 au total) et le délai record imparti pour leur organisation. C’est pourquoi, le Niger a davantage besoin de l’appui des partenaires. Juste après la cérémonie officielle de signature et d’échange de documents, le ministre de l’Intérieur, la coordonnatrice résidente du SNU, le président de la CENI ont animé une conférence de presse pour donner davantage de précisions sur le projet. Les questions et inquiétudes ont porté entre autres sur la procédure de décaissement des fonds, mais aussi sur la contribution de l’Etat, le nouveau chronogramme des élections et le recensement des Nigériens à l’extérieur. Relativement à la procédure de décaissement, la coordonnatrice du SNU a assuré que la CENI aura les fonds au fur et à mesure qu’ils seront mobilisés. ‘’Nous n’attendrons pas que l’intégralité des fonds soit rassemblée pour les donner à la CENI’’, a précisé Mme Khardiata Lo N’Diaye. En outre, la représentante résidente du PNUD a indiqué que le SNU pourra recourir au mécanisme de préfinancement. D’ailleurs, le décaissement a déjà commencé en ce qui concerne certaines rubriques. Il s’agit entre autres de l’acquisition des équipements. ‘’La CENI, n’a pas dormis ; elle nous a fourni les spécifications techniques et la commande est déjà lancée’’, a indiqué la coordonnatrice du SNU. Pour ce qui est de la contribution de l’Etat, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses a affirmé que le gouvernement a déjà mis à la disposition de la CENI sa quotte part de financement. ‘’C’est un effort exceptionnel fourni par le gouvernement au regard de la réalité budgétaire et des défis actuels auxquels le pays fait face’’, a ajouté M. Cissé Ousmane. ‘’Le gouvernement est prêt à consentir tous les efforts possibles pour la bonne tenue des différents scrutins’’, a-t-il ajouté. S’exprimant sur le recensement des Nigériens à l’extérieur, le président de la CENI a indiqué qu’une réunion sera bientôt convoquée et regroupera les différents acteurs politiques, la CENI, mais aussi le Ministère de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères pour décider de ce qu’il faut faire. Quant à la question relative à un nouveau chronogramme, M. Abdourahamane Gousmane, a indiqué que la CENI le transmettra d’abord au gouvernement. ‘’Retenez pour le moment que le référendum aura lieu déjà le 31 octobre’’, a-t-il annoncé.
Siradji Sanda
08 septembre 2010
Publié le 08 septembre 2010
Source : Le Sahel
































