oppose la classe politique nigérienne et une frange de la Société Civile par rapport à la disposition inique de l'article 45 sur le niveau d'instruction des aspirants à la présidence de la République.
En effet, selon des sources dignes de foi, la junte militaire a décidé de biffer cette disposition discriminatoire contenue dans l'avant-projet de constitution qui voudrait que les candidats aux présidentielles justifient d'un niveau d'instruction Bac + 3 au moins. Cette tentative d'insérer cette disposition dans notre constitution est inédite dans l'histoire de notre pays qui a connu des Hommes d'Etats respectables qui ne possédaient que le CFEPD et qui, pourtant, avaient rehaussé l'image du Niger dans le concert des nations mieux que ceux qui leur ont succédé et qui justifiaient d'un niveau d'instruction plus élevé. Le Niger est un pays où la majorité de la population n'est pas alphabétisée et où il existe des érudits ne pouvant jamais justifier d'un quelconque niveau académique puisque ne possédant pas un parchemin à l'occidentale à l'image de nos ulémas qui dispensent du savoir dans des écoles coraniques. Les auteurs de cette innovation avaient argué qu'il fallait rehausser le niveau pour avoir un président qui ne se sentirait pas gêné face à ses pairs. Et si ce pair ne justifiait pas d'un niveau plus élevé que le sien à l'image du brésilien Lula Da Silva du Brésil, qui est un ouvrier ? Ce dernier reste la preuve, avec beaucoup d'autres présidents et hommes d'Etat, qui ne sont plus de ce monde pour certains, que le niveau d'instruction n'est pas proportionnel au niveau de développement. L'autre insanité des auteurs de cette ineptie est de dire qu'ils voulaient avoir un président plus instruit pour le soustraire de l'influence de ses conseillers. Mais bon Dieu, de quel droit doit-on préjuger de la capacité d'un président élu de choisir les conseillers qu'il lui fallait ? Ce n'est pas la vocation d'une constitution de choisir un bon dirigeant au peuple. C'est au peuple de choisir son président qu'il soit bon ou mauvais. Marou Amadou, dans sa randonnée en Hexagone, a essayé maladroitement de citer l'exemple de certains pays asiatiques où le candidat aux présidentielles doit forcement avoir un diplôme en économie sans nous dire de quels pays il s'agit pour que nous puissions juger de leurs niveaux de développement. Car l'Asie c'est autant de pays à revenus intermédiaires que de pays pauvres. Un pays se développe par le travail de ses fils et non pas grâce au diplôme de son président. Autrement nous serions inspiré de constitutionnaliser la nomination au poste de président de la république de l'homme le plus instruit du Niger en lieu et place d'une compétition électorale. Ainsi nous pourrions tranquillement dormir sur nos lauriers en attendant qu'il se mette à développer le Niger grâce à son prodigieux QI. Cette affaire de Bac + 3 était tout simplement une bourde à relent de manipulation politicienne qui ne saurait résister à la moindre analyse de bon sens. Mais tout le monde connaît la véritable motivation qui sous-tend l'insertion de cette disposition. Elle est la résultante d'une subtile manoeuvre politicienne consistant à régler des comptes politiques restés en suspens. Le CSRD l'a compris et a décidé de prendre ses responsabilités pour ne pas se rendre complice d'une injustice et d'une déstabilisation programmée des institutions républicaines futures. Ainsi, en toute souveraineté, il a jugé et tranché en estimant qu'il n'est point nécessaire d'avoir un bac + 3 pour prétendre à être candidat aux élections présidentielles. Ce faisant, il met fin aux tiraillements suscités par cet article à controverses. Les militaires ont aussi tenu à ce que l'âge des présidentiables ne soit pas limité. Ainsi, peuvent être candidats aux élections présidentielles tous les nigériens des deux sexes âgés de 35 ans au moins et sans limitation au plus. Ainsi donc les officiers supérieurs membres de cette auguste institution, qui est le CSRD, ne se sont pas laissé entraîner par les errements des apprentis démocrates du Comité des Textes Fondamentaux (CTF) et du Conseil Consultatif National (CCN). Ils viennent de démontrer qu'ils ne feront jamais le jeu d'une structure politique pour abattre un adversaire politique par des voies contournées et antidémocratiques. Car comme tout le monde le sait, ces dispositions discriminatoires avaient été taillées sur mesure dans le dessein de disqualifier par le niveau d'instruction une personnalité politique du régime de Tandja Mamadou. Que Mamadou Gazibo, président du CTF, introduise cette disposition, dans un texte qui est censé nous régir pour la prospérité et non pas régler dans l'immédiat des comptes politiques restés en suspens, nous démontre combien l'engagement démocratique est un vain mot dans la bouche de certaines personnes. Que Marou Amadou, président coopté du CCN, savoure les vertus de l'exercice du pouvoir d'Etat au point d'oublier les combats démocratiques avant-gardistes qui lui ont valu une prestigieuse réputation à travers le monde pour se transformer en une marionnette entre les mains des politiciens, nous prouve qu'il n'est pas prêt de réintégrer le celibatoruim à quinze mille francs qu'il louait à Niamey. Et en même temps donne raison à un ancien ministre de la communication qui soutenait que " tout le monde est à la recherche du microclimat ". Car l'intention était manifeste : il fallait coûte que coûte barrer la route à un candidat potentiel à l'élection présidentielle. Si Gazibo a introduit la disposition, Marou est coupable, quant à lui, d'avoir manoeuvré, lors des débats sur l'avant-projet de Constitution au sein du CCN, pour la faire valider en sachant pertinemment qu'elle ne visait qu'une seule personne comme il a eu à l'avouer dans ses différentes interventions après le vote scandaleux qu'il a conduit. Le CSRD a fait tomber le régime de Tandja Mamadou à cause de ses velléités de prolongation de mandat constitutionnel, somme toutes antidémocratiques, mais il a nourrit à son sein d'autres Tandja Mamadou pour qui la Constitution doit régler des préoccupations immédiates de certains politiciens qui pensent que ces dispositions iniques sont la garantie de leur victoire aux élections grâce à l'élimination de la course d'un adversaire, qui plus est, est le plus représentatif de tous au vu de l'envergure du parti politique qu'il dirige. Aujourd'hui, Mamadou Gazibo, président du CTF qui a concocté les textes et Marou Amadou, président du CCN qui a validé cette injustice, doivent avoir honte de leurs comportements et se dire que la félonie ne paye pas toujours. En agissant comme il l'a fait, le CSRD voulait envoyer un message clair quant à sa stricte neutralité par rapport aux forces politiques en présence. Il a aussi compris qu'il ne fallait pas laisser la responsabilité de la conduite de la transition entre les mains des aventuriers qui se dévoilent aujourd'hui. Marou et Gazibo viennent d'essuyer un cinglant désaveu pour avoir voulu nous offrir une constitution au rabais nourrit d'une pesanteur de manipulation politicienne. L'histoire retiendra qu'ils ont voulu minorer la liberté des nigériens à se choisir le dirigeant qu'ils veulent et devront, tôt ou tard, répondre de cette félonie. Cette décision du CSRD honore notre pays et redonne espoir aux nigériens quant à sa réelle volonté de restaurer la démocratie.
A.Aguelasse
03 septembre 2010
Publié le 1er septembre 2010
Source : La Hache
































