La politique est noble et ceux qui ont choisi d’embrasser cette carrière peuvent en être fiers, si toute fois ils la font dans l’honneur et la dignité. Or parmi certains de nos hommes politiques qui ont eu à occuper de très hautes responsabilités au sommet de l’Etat du Niger,
comme président de la République, au perchoir à l’Assemblée nationale ou à la Primature, il y en a qui ont fait de la politique l’art de couardise, de la tromperie et du non respect des engagements pris devant des milliers de témoins et surtout face au peuple nigérien. Une affaire de voyous. L’on n’a pas besoin de citer les noms ou de rappeler les « hauts » fais de ces spécialistes de la volte-face et de changement brusque de direction pour lâcheté et pour des intérêts bassement matériels. Ceux que l’on refuse sciemment de désigner nommément, se reconnaîtront et les lecteurs aussi pourront facilement les identifier. On le fera néanmoins pour mieux attirer l’attention des lecteurs : il s’agit de Mahamane Ousmane et Amadou Boubacar Cissé, Nous écrivons ceci, à cause de tout le tintamarre qui est fait autour de la volonté de certains signataires de pacte de la CFDR, le 17 juillet 2010, de lâcher leurs camarades et aller former un autre groupe qui, selon leurs calculs, leur permettrait de ravir le pouvoir, tout le pouvoir aux prochaines élections.
Pour arriver à leurs fins, ils s’apprêtent même à contracter une alliance avec le diable d’hier, c’est-à-dire le MNSD-Nassara, le cheval de bataille du Tazartché qu’ils combattaient avec détermination sous la bannière de la CFDR. En quoi le MNSDNassara a-t-il changé en quelques trimestres après tazartché, pour qu’il soit fréquentable et jusqu’à vouloir en faire un allié.
Derrière toutes ces intrigues, il y a un homme qui croit dur comme fer que son heure est venue de s’asseoir sur le fauteuil du président de la République élu. Il s’agit tout simplement de M. Amadou Boubacar Cissé. Du coup, il s’acoquine avec un autre dont les retournements des vestes sont restés célèbres dans la vie politique nigérienne. Lui, c’est Mahamane Ousmane qui lâchera ceux là-même qui ont fait de lui président de la République après la transition post conférence nationale.
Il récidivera en 2004, toujours dans le but unique de barrer la route à Mahamadou Issoufou que l’on voyait déjà victorieux. Le faiseur de roi, comme on l’appelait, n’a plus sa force de nuisance d’avant. Son parti politique, le CDSRahama a perdu des plumes, beaucoup de plumes jusque dans ce qui était considéré comme son fief, la région du Damagaram. Son exil qu’il a voulu long par peur de se faire emprisonner par Mamadou Tandja, a fait que le CDS-Rahama était en hibernation. Il a fallu le coup d’Etat du 10 février pour le voir regagner le terroir. Voulant toujours s’accrocher à son strapontin de président du parlement de la CEDEAO, il s’absente longtemps du pays et cela ne semble pas l’affecter outre mesure parce qu’il trouve son compte. La vie du parti et la conquête du terrain perdu par le CDS ne semble pas être ses principales préoccupations.
Pour parler du pacte, de ceux qui l’ont signé et ceux que l’on a vu sur place ce jour là, il y avait tout le monde.
C’est Ousmane, président de la CFDR qui a prononcé le discours d’ouverture de la conférence nationale de ce regroupement des partis politiques. C’était un discours fort applaudi par des milliers de militants des partis politiques membres qui fondaient beaucoup d’espoir sur l’avenir
La signature du pacte consacrera l’engagement des différents leaders présents physiquement. C’est donc des engagements pris publiquement et solennellement que Mahamane Ousmane s’apprête à renier, poussé dit-on, par Amadou Boubacar Cissé qui rêve que, comme à son habitude, le président du CDS-Rahama fera de lui, comme à son habitude, roi. C’est son rêve fou.
Mahamane Ousmane et Amadou Boubacar Cissé se connaissent très bien d’ailleurs et ils s’estiment à tel point que le premier a voulu faire du second son premier ministre de la cohabitation. Cissé acceptera contre l’avis de son parti qui le déboutera. Dès lors, les deux hommes ne cesseront de se rencontrer fréquemment. Pour ses ambitions présidentielles, Cissé compte sur Mahamane Ousmane, le MNSD – toute honte bue-, et l’ANDP de Moussa Moumouni Djermakoye, ce nouveau venu auquel on fait des doux yeux.
C’est dans une aventure aux lendemains incertains que l’on tente d’entraîner le nouveau leader de l’ANDP.
Si comme cela se profile à l’horizon, une nouvelle alliance regroupera la CDS, l’UDRTabatt, l’ANDP Zaman-Lahyia et le MNSD Nassara, c’est donc le PNDS et le Moden Lumana que l’on veut isoler. Même si l’on ne connait pas la force que représente ce parti nouvellement créé, il faut dire que Hama Amadou fait peur à ses adversaires, surtout ceux qui ont le même terrain de chasse, c’est-à-dire la région de Tillabéri. Du coup, les additions de voix par rapport aux partis politiques ayant adhéré à l’un des groupes seront des simples exercices d’écoliers. La réalité sur le terrain sera autre. Les hommes qui s’agitent actuellement, pensent qu’avec une calculette on peut avoir le pouvoir. C’est-à-dire que les voix des électeurs CDS, Tabatt, MNSDNassara, ANDP et les autres résidus de l’AFDR, feront un président de la République et une majorité au parlement. Il n’est pas interdit de rêver ! L’artisan de la rupture du pacte est certes Amadou Boubacar Cissé, mais il faut dire qu’il n’a pas eu de la peine à convaincre Mahamane Ousmane de le suivre dans cette cabale. On connaît l’inimitié qu’il nourrit à l’endroit de Mahamadou Issoufou depuis son départ de l’AFC et la prouesse qu’il a réussi en plaçant son parti à la deuxième place tout juste après le MNSD d’hier et à la place du CDS qui a marqué un net recul. Aujourd’hui, c’est le PNDS qui est à abattre parce qu’avec les déchirements qu’ont connus les autres formations politiques, il ne serait pas surprenant qu’il se place au premier rang des partis politiques nigériens. Ce qui lui donne des ambitions légitimes. Au grand dam des autres, surtout Amadou Boubacar Cissé que les courtisans continuent à tromper en lui faisant croire que le moment est venu pour lui de réaliser son rêve d’être président de la République.
Asy
1er septembre 2010
Publié le 1er septembre 2010
Source : L'Actualité
































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