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Samedi, 04 Fév 2012
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Invité : Colonel Soumana Djibo, Gouverneur de Niamey

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Colonel Soumana Djibo, Gouverneur de Niamey
Monsieur le Gouverneur, les pluies qui tombent depuis quelques semaines sur la région de Niamey, ajoutées au fait que le fleuve est sorti de son lit habituel, ont causé  d’énormes dégâts dans la capitale et ses environs. Pouvez-vous, nous indiquer les principaux quartiers touchés par ce sinistre et nous spécifier la nature des dégâts enregistrés ?

‘’Un travail remarquable est entrain d’être fait dans le cadre de la gestion des inondations dans la région’’

Avant de répondre à  votre question, permettez-moi d’abord de saisir cette occasion pour remercier votre organe de presse pour tout l’intérêt qu’il manifeste pour la région que nous dirigeons dans le cadre des actions à nous confiées par les plus hautes autorités pour le bien-être et le développement de cette entité. Depuis le 4 août dernier en effet, nous avons enregistré une montée subite des eaux du fleuve Niger et ceci principalement du fait des apports, des déversements importants de ses affluents essentiels que sont la Sirba, le Dargol et le Goroual. Ce trop plein du lit du fleuve a provoqué alors des inondations. Sur les cinq (5) communes composant la région, 4 ont été touchées ;  mais toute analyse faite, c’est particulièrement la commune 5 qui a le plus encaissé de dégâts et l’intensité du sinistre s’est fait beaucoup sentir à Karadjé, Lamordé, Zinaré et Zarmagandey. Concernant la nature des dégâts dans les zones touchées par ces inondations, ce sont des maisons effondrées, des champs de riz détruits, des jardins inondés, des digues de protection ainsi que des têtes de bétail emportées, des routes endommagées etc. A titre indicatif, pour ce qui est des dégâts au niveau des rizières, des champs et sur le cheptel, à la date du 21 août dernier, la commission évaluation des productions agro-sylvo-pastorales dans le cadre du comité ad hoc de gestion des inondations nous a notifié, sur l’ensemble des communes 5, 1, 2 et 4, quinze (15)  sites de riz pluvial touchés totalisant une superficie de 278,5 ha exploités par 592 paysans. Les sites de cultures maraîchères sont aussi au nombre de quinze (15), totalisant 280,42 ha exploités par 969 maraîchers. Quant à la situation du cheptel, elle concerne particulièrement la commune 5 où 413 éleveurs ont perdu leur bourgou, aliment de bétail sur une superficie de 88 ha. Les estimations des besoins en aliments de bétail (son) se chiffrent à 103,5 tonnes.

Comment ont été organisées les opérations de secours pour venir en aide aux familles sinistrées, sur tous ces sites ?

Vous avez en tout cas suivi avec nous toute la mobilisation enclenchée par les plus hautes autorités et ce, dès l’annonce de ce sinistre où des missions de haut niveau se sont rendues sur le terrain. Très rapidement, le ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Religieuses, sur instructions du Chef de l’Etat, a pris un certain nombre de mesures dont principalement la création d’un comité ad hoc de gestion des inondations, dont le gouverneur de la région est le président. Afin de mener efficacement la mission à lui confiée par les autorités, le comité a créé en son sein huit (8) commissions spécialisées. Il s’agit de la commission recensement et relogement ; la commission santé hygiène et assainissement ; la commission distribution et logistique ; la commission communication et sensibilisation ; la commission sécurité ; la commission mobilisation des ressources ; la commission évaluation des productions agro sylvo pastorales, et la commission reconstruction.  Ces commissions ont été renforcées par l’Etat à travers le système d’alerte précoce et de gestion de crise, les autres ministères, les partenaires techniques et financiers. Je voudrais dire ici que ces différentes commissions travaillent vraiment de manière très professionnelle avec une remarquable coordination et tout ceci afin d’apporter secours aux sinistrés. Je tiens à saluer vraiment le travail de qualité que le comité, ses commissions et les autres partenaires d’appui sont entrain d’abattre. Ils nous donnent d’immenses satisfactions.

A l’heure actuelle, combien de familles ont été prises en charge ?

A ce jour, le comité a recensé quatorze (14) sites d’hébergement qui sont tous dans la commune 5. Dès les premiers instants donc, les opérations de relogement avaient commencé. Nous avons installé notre poste de commandement au niveau de la commune 5, car c’est là que se trouve le front et cela fait pratiquement 3 semaines que nous y travaillons afin de porter secours, sécurité et réconfort aux familles. Des vivres et des non vivres leur sont distribué ; les non vivres sont constitués de couvertures, de nattes, de moustiquaires et d’articles divers. A l’heure actuelle, nous avons recensé et relogé 5850 familles au niveau de la commune 5, car il faut préciser que, bien que d’autres communes (1, 2, 4) soient touchées par les inondations, les gens ont préféré rester dans leurs logements, raison pour laquelle ils n’ont pas été recensés pour être relogés. Néanmoins, en cas de besoin, nous avons prévu des sites où nous pouvons les recaser. Je profite ici pour préciser que le comité ne prend en charge que les familles reconnues sinistrées, recensées et hébergées dans l’un des 14 sites de relogement répertoriés à la commune 5. Nous avons entendu des fausses informations et fausses déclarations de

certains concitoyens sur les ondes de certains médias. Aussi, je demande à tous ceux qui veulent avoir des renseignements, de venir auprès du comité et de ses commissions spécialisées, pour être édifiés. Toujours dans le cadre de la prise en charge des familles sinistrées relogées, je voudrais préciser que sur tous les sites, l’encadrement sanitaire est assuré par une équipe de santé appuyée par les volontaires de la Croix rouge nigérienne. Les cas compliqués sont référés au niveau des formations sanitaires spécialisées (maternité, hôpital de district, hôpital national Lamordé). Un accent particulier est aussi mis sur l’aspect hygiène et assainissement sur ces lieux d’hébergement où d’ailleurs les sinistrés sont mis à contribution pour participer à la sauvegarde et à la propreté des lieux. Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable, en plus des installations existantes, les partenaires ainsi que les autorités municipales ont installé des citernes d’eau sur pratiquement tous les sites. En termes de distribution de vivres, on notera que l’Etat a donné 457 tonnes et les partenaires 4,5 tonnes, soit un total de 461,5 tonnes. Sur ce total, 150 tonnes ont été distribuées et il reste 311,5 tonnes.

Quel sort sera réservé  aux familles sinistrées, particulièrement celles ayant perdu leurs habitations et ceci en dehors du recasement dans les écoles et autres lieux qui, somme toute, est temporaire ?

La remarque est pertinente, car cette question de recasement est un des aspects les plus délicats de notre mission. Des familles ont été relogées dans des écoles et voilà que bientôt les classes vont reprendre. C’est un défi énorme, les populations sont très sensibles à cet aspect et il est dès lors important de mentionner que l’implication,

l’acceptation et le consensus de tout le monde est nécessaire. Et c’est pourquoi très tôt, un certain nombre de  Commissions dont celle notamment chargée de la reconstruction, s’est penchée sur le problème. C’est ainsi qu’elle a initié l’élaboration d’un dossier de projet visant, entre autres aspects, à déguerpir les populations des zones inondables et à les recaser sur des sites appropriés à l’habitat. Le stade d’élaboration de ce dossier est très avancé. D’ores et déjà, les sites devant servir à reloger, recaser les sinistrés,  sont connus. Il s’agit pour la CommuneV de Séno et Kourtéré; Gabagoura et Kossey pour la Commune I, et Saga Gorou II pour la Commune IV. Des pourparlers sont engagés avec les propriétaires coutumiers de ces sites en vue de trouver un terrain d’entente pour leur dédommagement avant la production de parcelles d’habitation pour les sinistrés. Des entretiens ont été conduits avec  les différentes parties du projet, et un premier jet du dossier est même déjà disponible sur cette question de relogement et recasement sur des sites appropriés à un habitat décent, non exposé. Dans le même ordre et aux fins d’atténuer, voire endiguer les risques d’inondation, il est prévu aussi la construction d’une digue qui doit protéger les berges du fleuve. Je voudrais surtout dire que les gens doivent éviter de construire sur des lits du fleuve, des cours d’eau, car ce qui est arrivé aujourd’hui, peut encore survenir demain. Les zones inondables sont des risques essentiels. A titre indicatif, cette crue qui a provoqué ces inondations n’est qu’une crue locale qui a connu son pic le 4 août dernier avec 1950 m3/s d’eau ; alors que nous attendons la crue dite malienne ou guinéenne qui devrait se manifester entre novembre et décembre. Aussi, en tant qu’autorité avec pouvoir de décision, nous ne pouvons prendre que les mesures conséquentes afin de protéger les populations.

Avez-vous, Monsieur le Gouverneur, des appels ou d’autres commentaires?

Je voudrais ici dire à la population que ce que le comité ad hoc de gestion des inondations est entrain de faire, c’est pour le bien de la population et rien d’autre. Les mesures que nous serons amenés à prendre, c’est pour les sécuriser, les mettre à l’abri ; et c’est pour qu’un jour aussi on ne dise pas que nous n’avions pas pris les dispositions adéquates. Si nous demandons aux gens de ne pas habiter sur un site, c’est parce que nous savons que ce site là n’est pas viable ; il ne permet pas de mettre les moyens adéquats pour le viabiliser et le sécuriser en termes notamment d’apport d’eau, d’hygiène et d’assainissement etc. Donc il faut que les gens cessent de sortir des informations erronées. Il ne faut pas aussi confondre les mesures d’urgence prises dans le cadre de ces inondations et les opérations de distribution des vivres  en rapport avec l’insécurité alimentaire. Ce sont deux choses différentes. Toujours est-il qu’il  est loisible à tout chacun de prendre attache avec nous au niveau du comité ad hoc pour des éclaircissements et des informations saines à la source. Maintenant, je veux profiter de l’occasion que vous m’offrez pour lancer un nouvel appel à l’endroit de la communauté nationale, particulièrement les populations de la région de Niamey, les associations, les ONG, les sociétés, les projets, ainsi que toute les bonnes volontés pour qu’ils viennent manifester leur solidarité à l’endroit des sinistrés. A cet effet, permettez-moi de passer cette information : un compte spécial est ouvert à la BIA pour tous ceux qui veulent intervenir. Il porte le N° 2511 0083227/25. Je saisis aussi l’occasion pour remercier les différents partenaires ainsi que certains ministères pour leurs appuis conséquents dans le cadre de la gestion de ces inondations. Il s’agit de la Croix rouge nigérienne, d’OXFAM, de l’UNICEF, du PAM, du FNUAP, de l’IRD, du CRS, de la FAO, de l’OMS, d’ISLAMIC RELIEF, d’OCHA, des ministères de l’Intérieur, des Finances, de la Santé et de la Population.

Réalisée par Issaka Saïdou 

27 août 2010
Publié le 27 août 2010
Source : Sahel Dimanche

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