‘‘’les ressortissants doivent participer au développement de leur cité, en investissant afin que Say soit une ville attrayante’’
En un mot, je ferai tout ce qui est possible pour faire en sorte que Say, cette grande cité, soit une cité agréable à la vue et où il fait bon vivre, avec, bien sûr, le concours des administrés dont le chef de canton, l’honorable Amadou Cissé Alfaizé, en premier chef.
Pouvez-vous faire découvrir à nos lecteurs la cité historique de Say ?
D’accord, mais j’en ferai une description succincte en ce sens l’histoire de cette localité est tellement riche que toutes vos pages ne suffiront pas à les contenir. Il y a d’abord l’histoire de sa fondation par Alpha Mahaman Diobo, un grand religieux musulman. Ensuite, il y a l’histoire de la conquête coloniale, avec le passage du capitaine Monteil en 1895 dans cette cité. S’agissant de sa monographie, il faut dire que la communauté urbaine de Say est constituée de neuf quartiers et quarante villages administratifs autour desquels gravitent 40 hameaux. La population est estimée à environ 58 311 habitants répartis sur le long du fleuve Niger, dans la zone centrale, la zone du plateau et le noyau central qu’est la ville de Say, avec son tissu urbain constitué d’une impressionnante mosaïque d’ethnies qui cohabitent en symbiose et qu’il faut encourager à persévérer dans ce sens. Car, comme aime à le dire le chef de canton, ‘’à Say, il n’y a pas d’étranger ;’’ quelle que soit la provenance de l’individu, il est le bienvenu, il se sentira toujours chez lui, Say étant une cité d’accueil et d’hospitalité.
Par ailleurs, nous pouvons affirmer que la chefferie traditionnelle joue un rôle de 1er plan dans l’administration des communes, dans la mesure où que les chefs des cantons et les chefs des villages sont nos principaux interlocuteurs, surtout dans le cadre de la mobilisation des ressources internes, à tous les niveaux des activités commerciales.
Madame le maire, peut-on savoir sur quoi repose essentiellement l’économie de votre entité administrative ?
La situation géophysique répond naturellement à votre question. Mais de manière détaillée, l’économie repose sur la pratique de l’élevage, de la pêche et de l’agriculture qui constituent les principales sources de revenus pour nos administrés qui contribuent concrètement à l’amélioration de leur cadre de vie, parce que conscients du fait que sans leur participation pleine et active, rien ne peut se réaliser. Alors, ces populations participent réellement, car elles ont compris qu’il y va de leur propre intérêt et de l’intérêt de leur communauté.
Madame le maire, pouvez-vous nous dresser un bilan des principales activités que vous avez entreprises depuis votre avènement à la tête de la commune urbaine de Say?
Vraiment, je pense qu’il est prématuré de faire un bilan, étant donné que nous avons établi un programme d’activités étalé sur trois mois. Ce programme est relatif à l’hygiène du milieu, notamment la salubrité, le curage des caniveaux, les travaux d’aménagement de l’enceinte et de la périphérie de la commune urbaine de Say par la plantation d’un certain nombre d’essences végétales.
Vous êtes une fervente battante pour l’intégration du genre dans tous les aspects du développement socioéconomique de la nation. Alors qu’est-ce qui a été entreprise dans ce sens en ce qui concerne la commune urbaine de Say ?
J’ai trouvé des femmes mobilisées, conscientes et persuadées que personne ne peut construire leur avenir à leur place. Donc elles participent à toutes les actions de développement, encadrées par des ONG locales et internationales telles que CARE, SNV et Sudubaba. Mais ces vaillantes femmes ont besoin encore d’autres appuis pour améliorer leurs activités. Nous comptons donc lancer une requête à l’endroit de nos partenaires habituels mais aussi à l’endroit de nouveaux partenaires potentiels. Je profite d’ailleurs de cette occasion que vous m’offrez pour adresser, au nom des bénéficiaires qui sont mes administrés, nos remerciements à tous nos partenaires qui nous apportent leurs appuis techniques et financiers. Les administrés eux-mêmes sont à féliciter, parce qu’ils participent pleinement et en toute responsabilité à la gestion de leur terroir ; en effet, gérer une commune sans associer pleinement et de manière démocratique les administrés, sera voué à l’échec. C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons, et bien d’autres, que nous avons mis en place un comité consultatif provisoire composé de toutes les strates sociales et chargé de définir, d’analyser et de proposer les voies et moyens pour faire en sorte que Say puisse bénéficier des interventions d’un certain nombre de partenaires, en l’occurrence une commune française dénommée Pezzilha La Rivière qui vient d’ailleurs de faire don d’un véhicule à notre commune.
Madame le maire, avez-vous un appel à lancer aux ressortissants de Say vivant à Niamey, dans d’autres villes du pays ou à l’extérieur du Niger, dans le cadre de leur participation au développement de la commune ?
Très bonne question. Effectivement les ressortissants doivent participer au développement de leur cité, en investissant pour que Say soit une ville attrayante. Cela passe incontestablement par des investissements dans le domaine de la construction de logements, de maisons de location, de restaurants, d’infrastructures de loisirs et d’échanges pour une jeunesse avide de délassement. Il faut donc que ces ressortissants donnent le ton afin que d’autres puissent leur emboîter le pas. En tout cas la ville de Say a grandement besoin de ce genre d’infrastructures, car avant tout Say est une ville à découvrir, non seulement à cause de son histoire très riche, mais aussi à cause de sa situation géographique, étant à quelques kilomètres d’un des plus importants parcs animaliers du pays, et à cheval sur plusieurs frontières. Disons que Say est une ville avec de nombreuses potentialités touristiques et qui a cet avantage d’être relié par une route bitumée au Parc national du W qui, lui, dispose d’importantes infrastructures hôtelières.
Mme le maire, quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans la gestion de votre commune?
D’abord, il y a l’incivisme fiscal, un problème commun à presque toutes les communes nouvellement créées. A cela vient se greffer le manque de moyens conséquents pour l’assainissement de la ville. En attendant, nous faisons la politique de nos moyens, surtout l’investissement humain, afin de faire de cette cité légendaire une ville salubre. Donc, en amont, nous avons organisé des séances de travail avec les différents représentants des couches sociales pour une participation collective des neuf quartiers que compte la commune. Sous la supervision d’un comité de suivi, nous avons engagé une compétition axée sur l’évacuation des eaux usées, l’hygiène domestique, le balayage et le désherbage des concessions et de leurs alentours. Une coupe dénommée ‘’Coupe Alfaizé’’ a été mise en jeu pour récompenser les quartiers qui ont brillé par leur mobilisation dans le cadre de l’opération ‘’Rendre salubre la cité légendaire’’. Du matériel de travail a été distribué aux gagnants pour les encourager à persévérer dans cette noble tâche.
Réalisée par Dubois Touraoua20 août 2010
Publié le 20 août 2010
Source : Sahel Dimanche

































