j’avais suffisamment- du moins je le pensais- donné des explications sur le nombre et la complexité des opérations programmées et leurs enjeux. Il nous est demandé d’organiser sept (7) scrutins dans un temps très court. Des scrutins de nature différente, mais qui tous, demandent une forte mobilisation de moyens financiers, matériels et humains conséquents, de matériels et documents électoraux suffisants pour couvrir l’ensemble des opérations. Si l’on considère l’étendue de notre territoire, et donc l’éloignement de nombreux sites électoraux, la nature dégradée de nos routes surtout en cette période d’hivernage, le besoin impérieux d’assurer une formation adéquate de tous les acteurs électoraux, la nécessité de sensibiliser et de mobiliser les électeurs, il faut bien se rendre à l’évidence que ces élections là ont un coût que nous devons assumer. N’oublions pas non plus qu’en plus de l’organisation proprement dite des opérations de vote, est venue s’ajouter la révision du fichier électoral qui comporte pour la première fois le recensement de nos compatriotes de l’extérieur. En définitive, je voudrais aussi ajouter que le budget de la CENI ne doit pas être analysé indépendamment du nombre de scrutins à organiser et du chronogramme serré, un chronogramme qui respecte tout à la fois, les délais légaux et politiques, fruit d’un consensus de tous les acteurs de la transition et soutenu par la communauté internationale.« Le budget de la CENI ne doit pas être analysé indépendamment du nombre de scrutins à organiser et du chronogramme serré »
Certains citoyens disent que la situation de famine qui prévaut dans notre pays doit nous amener à plus de rigueur dans tous les secteurs et que la CENI ne doit pas faire exception. Qu’en pensez-vous ?
La situation de crise alimentaire dont souffrent les populations de notre pays, surtout en milieu rural, ne nous est pas méconnue. Nous en avons pleinement conscience autant que tous les responsables de notre pays. Et croyez-moi, beaucoup a été fait pour resserrer ce budget. A titre de comparaison, pour les élections organisées en 2004 et 2009, chaque scrutin a été réalisé à un montant moyen de quatre (04) milliards, alors que pour ces élections de 2010, le coût moyen par scrutin est de trois milliards et demi.
Sachez enfin, que si la sécheresse constitue une des causes majeures du déficit alimentaire chronique que connaît notre pays, la mal-gouvernance en est un des facteurs clés de son aggravation. Les partenaires techniques et financiers du Niger l’ont bien compris et veulent, à travers les présentes élections, nous aider à mettre en place des institutions stables, crédibles et véritablement démocratiques. Aussi, voudrais-je inviter, tous ceux de nos compatriotes dont la réaction est tout à fait légitime, de mesurer l’enjeu de ces élections et de s’approcher de la CENI pour avoir toutes les informations utiles qu’ils désirent obtenir avant de se répandre sur les ondes et jeter le discrédit sur cette structure consensuelle qui, faut-il le rappeler, comprend en son sein les représentants de tous les blocs politiques, de la société civile, de l’administration, et des forces de défense et de sécurité.
Pensez-vous pouvoir respecter le chronogramme tracé par votre institution ?
Je voudrais d’abord rappeler que la prestation de serment du futur président de la République qui sera élu à l’issue de la transition, initialement prévue pour le 1er mars 2011, ne pourra avoir lieu que le 11 du même mois en raison du décalage observé dans l’installation de la CENI. Hormis ce décalage, il n’y a pas de raison, plaise à Dieu, que ce chronogramme qui, je le répète obéit aux délais légaux prescrits par la loi, ne soit pas honoré. Le CSRD et le gouvernement qui soutiennent pleinement la CENI en ont conscience et, la communauté internationale qui nous accompagne dans le processus de restauration de la Démocratie dans notre pays a fait montre jusque-là de très bonnes dispositions à financer en partie le budget des élections. Enfin, je voudrais réitérer mon appel à tous nos concitoyens pour qu’ils continuent à faire confiance à la CENI et à toutes les institutions de la transition dont le seul objectif est de préserver les intérêts des populations et remettre le pays sur les rails de la démocratie.
Propos recueillis par Yahaya Garba, rapporteur sous-commission Communication
12 juillet 2010
Publié le 12 juillet 2010
Source : Le Sahel

































