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Samedi, 04 Fév 2012
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Invité : Mme Haïdara Aissata Amadou, Déléguée générale au Service National de Participation

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Mme Haïdara Aissata Amadou
Mme la déléguée générale du Service National de participation SNP, voulez-vous nous présenter le SNP ?Le Service national de Participation est un cadre de volontariat dont l’idée de la création remonte à un séminaire sur la lutte contre la désertification, tenu à Maradi en 1984. L’Etat nigérien avait alors décidé de regrouper des jeunes Nigériens âgés de 18 à 22 ans et de les former dans un cadre de volontariat pour les répartir sur l’ensemble du territoire national à travers nos huit régions.

“Le S N P …est aussi un instrument qui permet aux jeunes de contribuer au renforcement de l’unité nationale”

C’est ainsi que le Service National de Participation avait été conçu et créé pour servir de  cadre le mieux adapté à même de permettre à la jeunesse nigérienne de toutes les contrées de se retrouver et d’apprendre des métiers pour servir la cause du développement national. A l’instar des autres structures et organismes à caractère administratif, le SNP  s’est vu assigner des missions. L’une de ces missions essentielles, c’est de participer en général à l’effort de développement du pays à travers la mobilisation de la jeunesse pour la réalisation des actions, des opérations et des travaux d’intérêt général, notamment la lutte contre la désertification, le désenclavement interne des villes, des villages et  des régions du pays, la production agro-sylvo pastorale. A côté de cette mission, le Service National de Participation poursuit le noble objectif de renforcement de l’unité nationale à travers le brassage de la jeunesse de toutes les régions de notre pays. Troisièmement, nous avons aussi la mission  de préparer la jeunesse à la vie active en lui procurant une formation professionnelle. C’est à ce titre qu’on donne, à chaque jeune  qui entre dans ce centre, la possibilité de sortir avec un outil lui permettant de s’insérer dans la vie active. Nous développons également un partenariat avec certains ministères techniques et certaines institutions. A titre d’exemple, les jeunes que vous avez rencontrés au centre reviennent juste d’une intervention sur la route de Torodi où ils ont participé à la confection de banquettes organisée par le Ministère de l’Environnement à travers le projet lutte contre la désertification.

De quels moyens dispose le SNP pour remplir ses missions?

Le Service National de Participation, créé en 1989 avec les missions spécifiques citées plus haut, est devenu effectivement opérationnel en 1990. Pour remplir ses missions et jouer son rôle de moteur de développement, le SNP s’est doté de plusieurs outils dont les centres de formations pluridisciplinaires. Aussi, dans ces centres, dont notamment celui de N’Dounga, nous avons plusieurs filières de formation : la maçonnerie, la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la plomberie, l’électricité bâtiment, la mécanique auto avec option de permis de conduire B pour ceux qui n’en disposent pas. Nous avons aussi la filière de formation en agro sylvo pastoralisme et en économie familiale où les jeunes filles apprennent la couture et la coiffure. En outre, le Service national de Participation dispose de plusieurs autres sites de formations spécifiques comme Kéguel à Maradi et Bagga à Tahoua où sont formés des jeunes agriculteurs et éleveurs. Ces deux centres ont bénéficié des opérations de réhabilitation sur financement de l’Etat pour un montant de plus de 80 millions de francs. Nous avons alors jugé utile de les rendre opérationnels. C’est ainsi que 50 jeunes ont été envoyés à Kéguel pour une formation en agriculture. Le centre de Bagga accueillera bientôt des jeunes volontaires dans le domaine du pastoralisme dès l’instant où les moyens seront mis à notre disposition. Nous avons voulu, à travers ces deux centres, décentraliser la formation en agro sylvo pastoralisme. A ces centres, il faut ajouter les sites de récupération des terres et des sols dégradés. Il reste évident que l’essentiel des fonds du SNP provient du budget de l’Etat qui couvre le fonctionnement c’est pourquoi je profite de l’occasion pour lancer un appel aux partenaires techniques et financiers intervenant dans le domaine de l’insertion des jeunes puissent aider le SNP dans la mise en œuvre de la politique nationale d’insertion des jeunes dans le processus de développement économique. En réalité, le Service National de Participation n’a pas pour vocation que la formation professionnelle, c’est aussi un instrument qui permet aux jeunes de contribuer au renforcement de l’unité nationale. A travers ces regroupements, les jeunes trouvent l’occasion de se connaître et de vivre en symbiose, tout en participant aux actions de développement dont la lutte contre la désertification par le reboisement.

Comment se fait le suivi et la recherche de débouchés pour ceux qui reçoivent la formation ?

Vous avez touché un aspect très important de la formation professionnelle. Laissez-moi vous dire qu’initialement le SNP n’a pas été conçu comme centre  de formation professionnelle. Ce n’est pas sa vocation première, mais les autorités ont jugé utile que lorsqu’un jeune entre dans ce service et qu’il doit embrasser la vie active, il doit sortir avec un minimum de bagages qui lui permettra de s’installer et participer au processus de développement. Donc, concernant la réinsertion sociale du volontaire après sa formation, le gouvernement a mis en place une politique d’insertion ayant offert l’opportunité au Ministère de tutelle, de créer une direction chargée de l’insertion. Seulement, les moyens n’ont pas suivi. Il convient de relever tout de même que les volontaires des 10ème et 11ème promotions ont pu bénéficier d’un financement de trousseaux d’insertion sur les fonds de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés connu sous le nom de Programme Spécial. Par le passé, chaque volontaire recevait une dotation minimum de matériel lui permettant de démarrer son activité dans le cadre spécifique de la formation reçue. Les volontaires ont également bénéficié d’une formation spécifique en entreprenariat pour qu’une fois versés à la production, ils soient en mesure d’élaborer et de monter un projet d’entreprise avec un plan de financement auprès des institutions financières et bancaires de la place. C’est pour vous dire qu’il y a là, une volonté politique très claire d’accompagner et d’encadrer ces jeunes volontaires. Cependant, nous avons relevé qu’il y a dans certains cas des écarts entre la théorie et la pratique, ce qui fait que certains de ces jeunes volontaires ne peuvent s’insérer dans la vie sociale parce que confrontés à certaines difficultés d’accès au financement. Et cela peut entraîner une déperdition sur le terrain. Toutefois, si on essaie de faire une évaluation de nos produits, nous tirons une satisfaction car les anciens pensionnaires du SNP tirent leur épingle du jeu notamment en matière de recherche de l’emploi parce que d’une part, nantis d’une formation sûre et d’autre part, nous avons signé des relations de partenariat avec des institutions du pays depuis 1990. Vous allez aussi trouver, dans le cadre du ‘’cash for work’’, que la majorité des encadreurs est issue du Service national de Participation. Pour les petits métiers également, les jeunes du SNP ont de petits ateliers un peu partout dans le pays. Nous pouvons donc dire que nos volontaires sont opérationnels.  Toutefois, l’accompagnement des volontaires est un engagement des autorités actuelles dont, au premier chef SEM le Général de Corps d’Armée Djibo Salou, et le Premier ministre, qui ont instruit le Ministère de tutelle à en tenir compte. Pour notre part, nous avons élaboré un document pour nous inscrire dans la politique d’insertion depuis notre arrivée à travers le recrutement de 150 jeunes (filles et garçons) et nous avons approché des Partenaires Techniques et Financier qui nous rassurent que notre requête est en bonne voie. Comme vous pouvez le constater, cette question est d’actualité et nous travaillons d’arrache-pied pour que ce volet soit effectif. Les jeunes volontaires que nous formons sont opérationnels dans leur majorité, par exemple dans les cases de santé. Nous avons formé près de 1000 agents de santé communautaire et ils sont tous opérationnels. Vous voyez que ce n’est pas un produit perdu parce que, je répète, la majorité arrive à s’insérer dans la vie active, mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue l’importance de cet aspect d’accompagnement des jeunes volontaires et nous nous y attèlerons davantage.

Mme la Déléguée générale, est-ce que vous comptez entreprendre des démarches pour amener les partenaires et les bailleurs de fonds à s’intéresser au financement de la formation que vos centres offrent aux volontaires du SNP, compte tenu du manque de ressources financières?

L’appui des bailleurs de fonds est essentiel pour la mission de SNP en général, et de ses centres de formation en particulier. Nous avons les infrastructures d’accueil et de formations suffisantes, nous avons aussi la volonté. Mais  d’une manière générale, un peu partout dans notre pays, les établissements publics à caractère administratif rencontrent des problèmes similaires, celui de la mobilisation des ressources. Nous avons un centre qui intervient à peu près dans tous les domaines de formation et nous avons de grands investissements qui ont été réalisés par les premiers bailleurs du centre et la volonté politique à sa création. Ce qui fait que le SNP est confronté à des contraintes d’ordre financier.   Aujourd’hui, force est de reconnaître que, la baisse drastique du budget nous met dans une situation encore plus difficile. D’un budget de plus de 400 millions, aujourd’hui la subvention consentie est estimée à 100 millions. Aussi, lançons-nous un appel auprès des plus hautes autorités pour que le budget soit revu à la hausse, afin de permettre de réaliser le programme sur la durée de la Transition. Pour revenir à la question relative aux bailleurs de fonds, je rappelle que nous avons deux principaux partenaires traditionnels qui nous ont beaucoup accompagnés, il s’agit de la coopération japonaise et chinoise. A notre humble avis, une diversification des partenaires serait une très bonne chose pour le SNP dans la mesure où la multiplicité des partenaires apportera un acquis supplémentaire en matière d’expérience et d’expertise. Nous avons donc besoin du soutien de notre Ministère de tutelle pour nous aider à redynamiser les accords de partenariat existants et rechercher de nouveaux partenaires. Cela permettra au centre de mener  à bien sa mission dont la charnière centrale reste et demeure la lutte contre la pauvreté et l’unité nationale.

Mahaman Bako et Zabeirou Moussa 

09 juillet 2010
Publié le 09 juillet 2010
Source : Sahel Dimanche

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