cas sous la transition consécutive au coup d’Etat d’avril 1999. A cette nuance près que, à l’époque, les partis politiques étaient impliqués comme tels dans la gestion du pouvoir. Mais cette fois-ci, ils ne le sont pas. A part cela, les choses semblent se dérouler dans les mêmes conditions et nous avons tendance à mettre davantage l’accent sur la mobilisation des troupes et notre préparation en vue des échéances électorales.« Mettre les partis politiques un peu trop à l’écart et ne pas disposer de passerelles de contact avec eux est une chose absurde»
Le gouvernement de la Cité étant d’abord l’affaire des hommes politiques, comment expliquez-vous que la junte au pouvoir préfère l’exercer avec les animateurs de la « société civile » plutôt qu’avec vous ?
C’est une option faite par le CSRD de désigner à la tête des institutions de la transition des personnes qui relèvent plutôt de la société civile que des partis politiques. C’est aussi une option du CSRD de ne même pas associer directement les partis politiques dans la gestion du pouvoir à tous les niveaux. Elle a certainement des avantages et, de mon point de vue, elle a beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. En vérité, il aurait été toujours difficile de réaliser les conditions d’un équilibre entre les différents partis en les impliquant dans la gestion. Le fait de les tenir tous également à l’écart garantit plus l’équité dans les rapports avec les partis politiques de façon générale. Cette équité n’avait pas été observée en 1999. Il y avait des partis qui avaient eu droit à plus de postes que d’autres à tous les niveaux. Cette fois-ci, on n’observe pas ce phénomène et c’est tant mieux pour notre pays, tant mieux pour cette transition.
Cette mise à l’écart n’est-elle pas plutôt de la défiance vis-à-vis des partis politiques ?
Si ce devait être de la défiance, ce serait une erreur et justement j’allais mettre un bémol ; il est absolument indispensable que le gouvernement, sinon le CSRD, trouve un moyen d’établir un certain contact avec les partis politiques globalement à travers ce qui ressemble au CNDP tel que nous sommes en train d’en faire l’expérience. Nous avons eu, comme partis politiques, des rencontres avec le Premier ministre au cours desquelles nous avons discuté de la question de notre représentation à la CENI et il y a eu un grand avantage d’avoir eu ces rencontres-là. Et donc, je voudrais dire au CSRD que mettre les partis politiques un peu trop à l’écart et ne pas disposer de passerelles de contact avec eux est une chose absurde. Je les exhorte par conséquent à définir les formules qui développeront la concertation au maximum avec les partis politiques parce que, sinon justement, cette attitude ressemblerait à de la défiance et elle serait absolument aberrante et stérile, car de toute façon, ce pays reviendra entre les mains des partis politiques après cette transition, et il n’y a aucun sens à les ignorer littéralement. Prendre des précautions comme on l’a fait à propos de la gestion, c’est une chose mais consulter les partis politiques, et se concerter avec eux sur certaines questions et notamment la constitution dont le contenu est sujet à controverse sur plusieurs aspects me paraît absolument nécessaire.
Que pensez-vous des innovations apportées au Code électoral ?
Il y a eu des innovations qui me paraissent bonnes et il y en a de moins bonnes, qui n’étaient pas nécessaires. Prenons, par exemple la question du relèvement du niveau d’instruction des candidats à l’assemblée nationale ; telle qu’elle a été posée par le comité des textes fondamentaux, c’est une bonne chose.
Il n’était pas normal, en effet, que notre Assemblée nationale soit envahie par des gens qui ne savent pas lire et écrire. La proposition était que l‘on exige de chaque candidat à la députation un niveau d’instruction équivalent au bac. C’est ça qui est passé dans le code électoral ; mais l’ordonnance rectificative du lendemain de la promulgation de cette ordonnance a permis de créer les conditions d’un équilibre transitoire nécessaire. Nous, au PNDS, nous avons soutenu au conseil consultatif national l’idée d’un pourcentage de 25% pour des gens qui ne justifient pas de niveaux d’instruction équivalent au baccalauréat.
N’est-ce pas du populisme ?
Ce n’est pas du populisme, pas du tout, en ce sens que, voyez-vous, nous avons beaucoup de nos responsables sur le terrain, anciens députés ou candidats à la députation qui ne sont pas allés à l’école ou qui n’ont pas le bac, et il n’était pas moralement supportable pour nous de soutenir l’idée qui consiste à les renvoyer totalement. Humainement, il est beaucoup plus judicieux qu’on trouve une formule transitoire qui consiste à les impliquer, quitte à ce que, de façon progressive, pour être député, il faut savoir lire et écrire et qu’un jour, la chose s’impose d’elle-même comme une évidence. Voilà pourquoi nous soutenons cette proposition. Pour nous, elle n’est pas une question abstraite et nous pensons à des camarades bien précis, qui sont très précieux pour notre parti, qui ont beaucoup de mérites et que nous ne pouvons pas laisser tomber. Qu’on ne nous le demande pas. Si ce devait être considéré comme étant du populisme, eh bien, nous l’assumons.
Quelles appréciations faites-vous de la lutte contre la délinquance économique, financière et politique promise par la junte au pouvoir ?
Il n’y a pas eu beaucoup d’actes qui aient été posés jusqu’ici de nature à nous permettre de nous faire une opinion évaluative conséquente. Toutefois, depuis la semaine passée, il y a un certain nombre de personnes qui ont été mises aux arrêts dans le cadre des investigations qui concernent le secteur des mines, qui est le secteur où il y a eu le plus d’affaires, où il y a eu le plus de pots de vin. Et ce sont même d’ailleurs les affaires dans le secteur des mines qui expliquent en grande partie la décision de l’ancien Président de la République de ne pas quitter le pouvoir, parce que c’était sa famille à lui directement qui était intéressée au business du secteur des mines.
Sa famille seulement ?
Je dis qu’il y avait sa famille aussi qui était très impliquée dans le business concernant ce secteur-là et il était absolument indispensable, pour l’hygiène de la vie publique dans notre pays, que ceux qui ont pu commettre de telles fautes et qui ont poussé à remettre en cause l’ordre démocratique soient punis. Si on devait ne pas le faire, on risquait de partir sur des bases qui n’augureraient rien de positif pour notre pays. Il est donc absolument indispensable de sévir contre toutes les formes de délinquance qui ont prévalu jusqu’à présent de façon qu’à l’avenir, à chaque fois qu’un responsable politique doit poser un acte, il réfléchisse par deux fois en se disant que le sort d’un tel peut aussi m’être réservé par la vie si je ne devais pas me comporter de façon convenable.
Voilà pourquoi il faut continuer, car ce qui a été fait n’est qu’un début, nous le souhaitons du moins et nous espérons que les investigations vont se poursuivre de façon rigoureuse et que des comptes soient demandés à davantage de personnes.
Monsieur le vice-président, la CFDR est en train de concocter un pacte en vue de la conquête du pouvoir d’Etat : si donc la CFDR arrive au pouvoir, comment allez-vous, à la lumière des alliances passées, gérer ce pouvoir?
Oui, en effet, il y a une réflexion qui est en train de se faire au sein de la CFDR et nous avons un projet de pacte entre les différents partis qui constituent ce regroupement-là, que nous envisageons de signer à l’occasion de ce que nous appelons une conférence nationale prévue pour se tenir le samedi 17 juillet prochain, inch’Allah.
Nous faisons deux paris. Le premier pari, c’est que nous restions ensemble et que nous abordions ensemble les échéances électorales quelles que soient les conditions dans lesquelles ces élections se présenteront ; rester ensemble et gagner ensemble. Le deuxième pari, c’est de gérer le pays ensemble après que nous aurons conquis le pouvoir. Evidemment, c’est la question sur laquelle j’imagine que l’opinion nationale nous attend ; nous disons que, à chaque fois que les différents partis qui constituent la CFDR se sont séparés, il s’est passé des choses qui les ont contraints de se retrouver. Cela a été le cas en 1996 et en 2009. Et nous en avons tiré la leçon que la démocratie a besoin que nous restions ensemble pour un certain temps, jusqu’à ce que nous en consolidions les bases et pour cela, nous sommes condamnés, d’être ensemble. Nous allons gérer le pays avec la conscience des personnes intelligentes que nous sommes et qui ont mûri à l’épreuve des faits de la vie. Nous ne sommes plus tout à fait les mêmes, nous avons beaucoup changé parce que nous avons capitalisé 20 ans de vie politique. Nous avons appris beaucoup de choses et je suis convaincu que si nous avons pu commettre des erreurs à un moment donné, nous ne les commettrons plus désormais. Je n’ai aucun doute sur le succès de l’entreprise que nous envisageons ensemble. Ce n’est pas parce que les principaux acteurs sont les mêmes figures du contexte des années 90 de l’après Conférence nationale, que nous serions condamnés à répéter les mêmes erreurs comme si, de façon intrinsèque, il y avait, en chacun de nous, quelque chose qui devait faire en sorte qu’il n’évoluerait jamais. Cela n’a pas de sens. Je n’ai pas cette conception de l’homme comme procédant d’une essence immuable ; au contraire, je suis convaincu que nous avons beaucoup d’intelligence et avec l’expérience que nous avons acquise ainsi que les textes dont nous nous proposons de doter le pays nous saurons créer les conditions de réussir ce que nous n’avions pu faire jusqu’à présent.
Mais, il semble qu’il y a d’ores et déjà une différence d’approche entre ceux qui veulent que la « base » soit saisie du projet de pacte et ceux qui veulent en faire l’affaire des seuls appareils des partis politiques de la CFDR…
Ce débat n’a pas été posé comme tel dans aucune de nos structures. Au contraire, à chaque fois que nous allons en tournée à l’intérieur du pays, ce sont les bases qui nous disent : ‘’écoutez, il ne sert à rien de se battre pour faire tomber Tandja si après vous deviez vous séparer. » Ce sont les bases elles-mêmes qui nous incitent à rester ensemble. Et puis, en général, le point de vue des leaders est toujours le reflet des attentes des bases. Vous pouvez compter sur nous pour que nous ne fassions pas un contresens en voulant d’une chose qui ne serait pas l’émanation des aspirations de nos bases respectives. Il se peut qu’il y ait une ou deux personnes qui doutent, mais dans notre grande majorité, nous n’avons aucun doute et je suis convaincu qu’au sein de chacun de nos partis, il y a une grande base qui veut de ce pacte-là, qui nous y pousse et qui va faire en sorte qu’on le réalise et qu’on en réalise surtout les promesses par la suite.
Réalisée par Sani Soulé manzo25 juin 2010
Publié le 25 juin 2010
Source : Sahel Dimanche
Commentaires (6)
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Tais-toi car vous êtes tous des opportunistes ! Tous ! Issoufou n'a t-il pas "trinqué" avec tandja ? Et toi-même Bazoum ?
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Enfin, juste pour indication, Bazoum ne possède pas des milliers de chameaux; sa famille en revanche en possède quelques centaines mais cela depuis des décennies, bien bien avant que Bazoum ait quitté le désert pour les études...

































énigrer le...