aux instances de décisions. Elle continue à peser de tout son poids pour que les nominations à tous les niveaux respectent la question du quota.« L’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, et de ceux de la Stratégie de développement accéléré pour la Réduction de la Pauvreté, passe nécessairement par la réalisation des droits des groupes les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants»
Madame la ministre, merci de nous avoir reçus. Présentez- vous d’abord à nos lecteurs.
Je suis née en 1966 à Abardack (Agadez) et je suis titulaire d‘un diplôme d’inspectrice principale de Trésor. J’ai fréquenté l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) de Niamey, niveau moyen et supérieur avant de suivre une autre formation à l’Ecole nationale du trésor public de Noisiel à Paris de 2003 à 2004.Sur le plan professionnel, j’ai occupé plusieurs fonctions au niveau des régies fi nancières aussi bien dans l’administration centrale qu’à l’intérieur du pays. Entre autres de 2004 à 2006, je peux citer le poste de chef adjoint au service des correspondants du trésor et chargée du contrôle des opérations des collectivités locales et de la confection du compte de gestion. En Octobre 2006, j’étais contrôleur fi nancier du Ministère du Développement Agricole et celui des Ressources Animales, fonction que j’occupais jusqu’à ma nomination au poste de Ministre.
Votre département vient d’organiser la 19ème édition de la Journée Nationale de la Femme. Pouvez-vous nous dire de la réussite qu’avait connu cette grande fête ?
Je vous remercie de l’opportunité que vous me donnez pour parler d’un évènement aussi important qu’est la Journée Nationale de la Femme. Mon département ministériel, en collaboration avec les différents acteurs de la société civile, syndicats, partis politiques, militaires et paramilitaires, groupements féminins, avaient préparés activement la journée nationale de la femme, ce 13 mai 2010. Je suis très satisfaite de la mobilisation de l’ensemble des nigériens et des nigériennes. Le comité national mis en place a répondu à nos attentes. Les 5 commissions, à savoir la commission administrative et fi nancière ; la commission mobilisation; la commission communication; la commission défilé; et la commission décoration ont chacune bien faire leur travail. Je profi te de vous pour encore dire merci à toutes les femmes du Niger au nom du Général de corps d’Armée Djibo Salou et au nom du gouvernement de la transition.
Quelle avait été la particularité de cette 19ème édition de la Journée Nationale de la Femme?
Sa particularité, c’est à travers son thème qui portait sur l’autonomisation de la femme. Cette autonomisation, c’est le gage d’un développement durable, un facteur essentiel de lutte contre la pauvreté qui passe par le renforcement des capacités dans tous les domaines. Et comme action, nous avons en marge de cette journée remis offi ciellement quarante batteuses multifonctionnelles au niveau des groupements féminins des régions. Pour revenir au thème de la journée, faut savoir aussi qu’autour de ce thème, des grandes actions de plaidoyer avaient été engagées pour renforcer la solidarité à l’endroit des femmes, surtout celles vivant en milieu rural et qui représentent plus de 80% de la population féminine nigérienne. Il est attendu de cette opération une importante mobilisation des ressources fi nancières visant la mise en oeuvre des programmes d’allègement des tâches domestiques des femmes, l’amélioration de leurs revenus monétaires et leur participation aux actions de développement à tous les niveaux.
Qu’est ce qui est entrain d’être fait aujourd’hui pour améliorer signifi cativement les conditions de vie de la femme rurale ?
Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des femmes rurales, plusieurs actions ont été entreprises dont entre autre l’exécution de plusieurs programmes et projets de développement en faveur des femmes, les AGR et l’allègement des tâches. Aussi espérons- nous une importante mobilisation des ressources fi nancières tant du gouvernement que des partenaires techniques et fi nancières pour la mise en oeuvre de ces projets et programmes visant l’allègement des tâches domestiques, l’amélioration de leurs revenus monétaires et leur pleine participation au développement à tous les niveaux.
En dépit d’une batterie de conventions ratifi ées par notre pays, certains droits des femmes et des enfants ne sont pas respectés. Peut-on connaître les raisons et les mesures que vous comptez prendre pour y remédier ?
Effectivement, le Niger a adhéré à des conventions internationales qui prônent la promotion des droits des femmes et des enfants. Ceci traduit la volonté politique de notre pays de se conformer aux directives internationales à l’endroit de ces deux groupes particulièrement vulnérables. S’agissant des mesures que nous comptons mettre en oeuvre, nous allons poursuivre les actions de sensibilisation et de plaidoyer pour un changement de comportement afi n de garantir un environnement plus favorable à l’épanouissement des femmes et des enfants considérés comme groupes vulnérables. Ceci va se faire à travers l’opérationnalisation des politiques de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant qui ont été révisées récemment pour tenir compte de nouveaux défis.
De quels moyens dispose votre ministère pour atteindre ses objectifs ?
Mon département, qui a en charge la population, la promotion de la femme et du genre, la protection de l’enfant et la protection sociale, bénéfi cie du soutien des plus hautes autorités de l’Etat, ainsi que de l’appui technique et fi nancier des partenaires bi et multilatéraux. Nous sommes également en partenariat avec les ONG et associations nationales et internationales intervenant dans les domaines de nos compétences.
Peut-on connaître l’apport des partenaires au développement dans la réalisation de ces objectifs ?
Comme je viens de le souligner, notre département bénéficie d’importants appuis techniques et financiers qui lui permettent d’assurer la réalisation de plusieurs interventions sur le terrain et de renforcer les capacités opérationnelles des services centraux et régionaux. Cette contribution des partenaires constitue un complément indispensable au budget alloué par le gouvernement dans la mise en oeuvre de nos politiques sectorielles, à savoir la Déclaration du Gouvernement en matière de Politique de Population (DGPP), la Politique Nationale de Promotion de la Femme (PNPF) et la Politique Nationale de Protection de l’Enfant (PNPE) et la Politique Nationale de Genre (PNG). Cette dernière politique se veut un cadre de concertation et de dialogue pour assurer un développement humain durable et équilibré et s’articule autour de quatre axes stratégiques :
- La promotion équitable de la situation et de la position sociale de la femme et de l’homme au sein de la famille et dans la communauté : vise à favoriser les changements de mentalités des hommes et des femmes, les attitudes et les pratiques propices à l’égalité de reconnaissance et de traitement envers les femmes et à soutenir l’accès des femmes aux services sociaux de base ;
- La promotion équitable du potentiel et de la position de la femme et de l’homme au sein de l’économie du ménage et dans l’économie de marché : vise l’accroissement de la productivité, de la capacité de production des femmes et l’amélioration de leur niveau de revenu ;
- Le renforcement de l’application effective des droits des femmes et des petites fi lles, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la participation équitable des hommes et des femmes à la gestion du pouvoir : vise à garantir l’égalité des droits à tous, hommes et femmes, garçons et fi lles et la pleine jouissance des droits par les femmes et les fi lles ;
- Le renforcement des capacités d’intervention du cadre institutionnel de mise en oeuvre de la PNG : vise la mise en place d’un dispositif performant au niveau institutionnel ainsi que l’harmonisation et la synergie des interventions dans le domaine du genre.
Je saisis cette opportunité pour réitérer mes sincères remerciements au nom du Conseil Supérieur pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) et du gouvernement, à tous les partenaires au développement intervenant dans les domaines de nos compétences. Il s’agit particulièrement de la Banque Mondiale, de l’UNFPA, de l’UNICEF, du PNUD, de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l’ACDI, des coopérations belge, espagnole, italienne, suisse, ainsi que de plusieurs ONG et associations nationales et internationales, pour ne citer que ceux-là.
Madame la ministre, comment explique- t-on les disparités constatées par l’étude sur la situation de l’Enfant et de la Femme au Niger, publiée récemment par votre département?
En réalité, cette importante étude a fait ressortir, sur la base des disparités relevées en termes de réalisations des droits, des pistes d’actions opérationnelles dans les domaines de la santé, de l’alimentation et de la nutrition, de l’éducation et du développement équitable, de la protection, de la participation et de l’information. Le processus d’une large vulgarisation de cette étude est en cours à travers une campagne de sensibilisation et d’information à tous les niveaux, avec pour objectif de conscientiser les populations nigériennes et les partenaires au développement de notre pays sur la nécessité d’une meilleure prise en compte des droits des femmes et des enfants dans les politiques et programmes de développement. L’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, et de ceux de la Stratégie de développement accéléré pour la Réduction de la Pauvreté, passe nécessairement par la réalisation des droits des groupes les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants.
La mendicité constitue un des aspects qui mettent à jour le dénuement dans lequel végètent beaucoup d’enfants nigériens. Avez-vous des projets pour endiguer le phénomène ?
Le problème de la mendicité des enfants constitue un réel défi pour les autorités de notre pays. Les facteurs qui expliquent cette situation sont connus de tous. Il s’agit essentiellement des facteurs socioculturels, économiques et souvent une mauvaise interprétation de notre religion. C’est pourquoi mon département ministériel est entrain d’élaborer une stratégie de prise en charge des orphelins et autres enfants vulnérables (OEV) et de la mise en oeuvre du plan national de lutte contre la traite des enfants.
Dans le même ordre d’idées, comment comptez-vous juguler la délinquance juvénile qui se traduit, la plupart du temps, par le vol, l’alcool, la drogue et la prostitution chez les enfants ?
La lutte contre la délinquance juvénile ne peut avoir d’effet qu’à travers la prise de conscience des familles vis-à-vis de leurs enfants. Au niveau du gouvernement, nous sommes entrain de créer les conditions de la mise en oeuvre des mécanismes de protection de l’enfant dont dispose déjà notre pays, avec la participation effective des parents.
Propos recueillis par Marcus Issaka, Garba Mota Illo et Dubois Touraoua
04 juin 2010
Publié le 19 mai 2010
Source : Jeunesse Info

































Mise à part la tournée médiatique que vous avez menée à travers le pays,
Quels sont les actions concrètes menées par votre ministère pour:
- Dimunier subtentiellement le taux d'accroissement galoppant de la population car vous savez bien que tant qu'il n'yaura pas adéquation entre population et ressources, le Niger ne pourra jamais amorcer son décollage économique;
- Pour rendre les femmes de plus plus autonomes financierement (en déhors des quelques batteuses là)
- Pour garantir qu'aucune petite fille ne sera sortie de l'école pour être mariée à son grand père d'âge.
- Où en est on avec la banque des femmes qui devrait voir le jour, afin de permettre aux femmes d'accéder à des crédits financiers conséquents.
- etc. Vous avez vraiment à faire, alors faîtes ce que vous pouvez, pour laisser une trace indélébile dans ce ministère.