| Ultimatum de l’Union : Tandja face à lui-même |
|
|
|
| Politique |
| Mercredi 11 Novembre 2009 10:07 |
Même si les grands défenseurs du Tazartché poussent leur mentor à la résistance, il faut dire que Mamadou Tandja est aujourd’hui seul. Il se trouve contre le mur, obligé alors qu’il est aujourd’hui de négocier avec ceux-là même qu’il méprisait : les opposants à sa 6ème République et au retour de la dictature. Ici au Niger c’est à la veille de l’ouverture des consultations entre pouvoir et opposition sous l’égide de la CEDEAO à Abuja,
que l’on apprendra que l’Union européenne a écrit une lettre au président de la République du Niger (voir fac similé) pour lui donner un ultimatum : un mois à partir du 3 novembre 2009 pour faire parvenir un carnet de route pour revenir à une vie institutionnelle normale qui incluerait tous les acteurs de la vie politique du pays à savoir l’opposition à la société civile.
La crise politique au Niger a connu une certaine accélération ces derniers jours avec la survenue de plusieurs événements. Le plus récent est la décision prise par l’Union européenne de donner un délai de trente jours au gouvernement nigérien pour lui proposer un plan de sortie de crise qui devra impliquer l’opposition politique et les associations de la société civile en vue d’un retour à une vie institutionnelle normale. Tout le processus ne doit pas excéder les quatre mois au risque de voir l’Union européenne de prendre des sanctions fermes contre notre pays. En attendant la réaction du gouvernement nigérien à la lettre envoyée au président de la République Mamadou Tandja par les instances de l’Union européenne, cette institution a pris des mesures conservatoires pour geler les 458 millions d’euros d’aide à notre pays. On se rappelle que près de 60 % du budget du Niger provient de l’aide extérieure et principalement de l’Union européenne. Déjà on pense que de nombreux projets financés par les fonds européens vont s’arrêter et plusieurs travailleurs vont se retrouver sur la paille sans compter tous les bénéficiaires de ses projets et l’argent qui ne va plus être investi ici. Néanmoins, l’Union européenne précise que l’aide humanitaire ne sera pas frappée par ces mesures. C’est en soi, une bonne chose parce que cette année, on craint une situation assez préoccupante après les résultats de la saison agropastorale marquée par une mauvaise répartition des pluies dans le temps et l’espace et des dégâts causés par des inondations et des pluies intervenues au temps des récoltes et du stockage des aliments du bétail. Le Niger aura donc besoin du soutien de tous ses partenaires notamment les européens pour faire face à la situation qui se profile à l’horizon. C’est à quelques jours de l’ouverture des négociations prévues pour ce lundi à Abuja au Nigéria sous la médiation de l’ancien chef d’Etat nigérian, Abdul Salami Abubakar, que la décision de l’Union européenne est tombée. Cette décision ne peut tomber plus mal pour le gouvernement nigérien qui doit faire face à des pressions de toutes parts. Il sera en mauvaise posture au moment d’entamer ces négociations qu’il n’a pas voulu engager. Pour s’en rendre compte, il suffit simplement de rappeler des différents voyages effectués à Niamey par des délégations de la CEDEAO conduites d’abord par le médiateur désigné, Abdul Salami Abubakar et ensuite par la présidente de la République du Libéria, Mme Sirleaf. On se souvient de l’accueil réservé à ses hôtes et du refus obstiné de Mamadou Tandja d’écouter ses pairs de cette organisation sous-régionale, lui qui refuse depuis quelques temps d’assister aux rencontres au sommet de la CEDEAO qui lui auraient permis de s’entretenir avec les autres chefs d’Etat. C’est plutôt aux différents premiers ministres qui se sont succédés, que revenait cette tâche très difficile. Les résultats sont donc là ! Au moment où l’on parle de plus en plus d’ouverture de négociations entre les parties en présence, des faucons du régime Tandja ont voulu mettre un frein à tout cela en imaginant une grosse machination qui consistait à lancer un mandat d’arrêt international contre le chef de file de l’opposition Mahamadou Issoufou pour dit-on, blanchiment d’argent. Cet homme qui séjournait alors dans la capitale de la République fédérale du Nigéria, Abuja, s’est senti humilié, touché dans son amour propre. Il fera le voyage retour pour se mettre à la disposition de la justice de son pays. En fait, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un flop et Issoufou qui a attendu que le pouvoir qui a porté une telle grave accusation contre lui, réagisse, fera le déplacement de Tahoua, son fief où il a reçu un accueil inoubliable de la part des militants de son parti et de tous les autres nigériens qui saluent en lui le courage et l’honnêteté. Au lieu de le salir, au contraire, le pouvoir qui ne sait plus où donner de la tête, a grandi Mahamadou Issoufou dont l’aura est à son firmament. Ce n’est sûrement pas à ce résultat que les dirigeants du pays voulaient aboutir. Au contraire. Pis dans cette affaire il se raconte ici et là que les autorités nigériennes ont montré du doigt dans leur grossier montage, trois pays de la sous région - et pas des moindres – qui sont la République fédérale du Nigéria, le Ghana et le Burkina Faso. Ce qui n’est pas bien vu pour un pays qui tente aujourd’hui de desserrer l’étau que ses propres autorités ont malencontreusement choisi de lui imposer. Pourquoi mettre en cause ces pays alors même que l’on envisageait d’envoyer une mission à la rencontre du président en exercice de la CEDEAO, Umarou Musa Yar Adua, à la tête de notre grand voisin du Nigéria ? On ne comprend pas également qu’une délégation soit dépêchée auprès des chefs d’Etat de l’UEMOA pour expliquer ce qui se passe et que par la suite on s’en prenne à ces pays par lesquels une solution négociée peut venir. Même au niveau interne, dans le clan de ceux qui sont avec Mamadou Tandja, on déplore que des extrémistes tapis dans l’ombre, ont pu porter un tel coup au processus de dialogue qui s’annonçait. Les grands témoins dont on a sollicité les bons offices n’ont pas caché leur déception. Le président de l’Association islamique du Niger et l’archevêque de Niamey qui s’apprêtaient à rapprocher les deux parties dans le cadre du CNDP n’ont pas du tout apprécié ce camouflet. A voir de très près tout ce qui se passe, on a la conviction que la sérénité a quitté le camp du pouvoir ou ceux qui pour leurs propres intérêts, ne veulent pas de négociations qui pouvaient conduire à un compromis, s’agitent et posent des actes susceptibles de torpiller le processus qui veut s’engager. Ces individus veulent continuer à entretenir ce climat de tension extrême pour se réaliser. Leur stratégie est de s’en prendre quotidiennement aux opposants, aux chefs d’Etat voisins et aux institutions sous-régionales, régionales, internationales et aux partenaires financiers, en faisant croire que le Niger peut se construire tout seul en dehors de toute organisation et en se passant de l’aide étrangère. C’est un rêve fou qu’ils entretiennent et qu’ils souhaitent de tous leurs voeux voir durer l’état de non droit, pour profiter de la manne du Tazartché. Avec les nouvelles donnes, les sanctions de l’Union européenne et le début des négociations à Abuja, ils doivent déjà déchanter car les dirigeants du pays sont en train de revenir à la raison - même s’ils ne le disent pas - devant l’intransigeance de nos différents partenaires. Que du temps perdu par la faute d’un groupe d’individus décidés à faire du Niger leur affaire privée. S. Assane |



















Même si les grands défenseurs du Tazartché poussent leur mentor à la résistance, il faut dire que Mamadou Tandja est aujourd’hui seul. Il se trouve contre le mur, obligé alors qu’il est aujourd’hui de négocier avec ceux-là même qu’il méprisait : les opposants à sa 6ème République et au retour de la dictature. Ici au Niger c’est à la veille de l’ouverture des consultations entre pouvoir et opposition sous l’égide de la CEDEAO à Abuja,
que l’on apprendra que l’Union européenne a écrit une lettre au président de la République du Niger (voir fac similé) pour lui donner un ultimatum : un mois à partir du 3 novembre 2009 pour faire parvenir un carnet de route pour revenir à une vie institutionnelle normale qui incluerait tous les acteurs de la vie politique du pays à savoir l’opposition à la société civile.

Keep up the good work!