| Ouverture des Négociations à Abuja 1 : le double langage du gouvernement |
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| Politique |
| Lundi 09 Novembre 2009 16:44 |
Le pouvoir de Niamey usera-t-il d’un double langage en décidant, enfin, d’envoyer une délégation à ce qu’il convient d’appeler Abuja 1 ? Cette question mérite d’être posée lorsque ce même régime dit une chose et fait son contraire, un peu comme le chauffeur qui clignote à gauche pour virer à droite ! Au risque de décevoir les triomphalistes naïfs, votre journal ‘’Le Canard Déchaîné’’,
fidèle à son indépendance d’esprit, estime que des faits ; posés, çà et là, par le régime Tandja au cours de la semaine écoulée ; permettent de donner raison à la sagesse nigérienne qui affirme que : « haï kan sé boro ninga gna néré, mo si bo ga noro gare ». Autrement dit lorsqu’on vend sa mère pour satisfaire un besoin, on n’a pas le droit de passer la nuit avec cet argent.
Ce lundi 9 novembre 2009 n’est pas un jour comme les autres pour les Nigériens qui vivent, dans leur chair, depuis quelques temps, les incertitudes d’une crise politique à la résolution de laquelle ils appellent de tous leurs voeux. Le soulagement qui a suivi l’annonce de la participation à ces négociations d’une délégation du pouvoir a vite fait place à de l’inquiétude suscitée par les manoeuvres du régime qui a tendance à ramer à contre-courant du sens voulu par l’aspiration légendaire des populations nigériennes à la paix, à l’amour du prochain et à l’unité nationale. En fait le régime de Niamey ne prend part à ces négociations que par principe. Tirant les conséquences désastreuses de ce que le PM Ali Badjo Gamatié, TGV (selon un confrère), a qualifié de « politique de la chaise vide » lors du sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenu à Abuja le 17 octobre dernier, le gouvernement cherche à réparer en donnant à l’opinion nationale et internationale la preuve de sa bonne foi à aller dans le sens des négociations. En même temps, il espère marquer un bon point auprès des Chefs d’Etat très souvent visités par l’infatigable Gamatié, ces derniers temps. Malheureusement, des décisions récemment prises laissent douter de la bonne disponibilité des autorités de la 6ème République au dialogue. Cette attitude, du reste, est caractéristique du régime de Niamey qui n’a jamais fait marche arrière quand il prend une résolution, d’où tout le sens de notre proverbe du chapeau. A peine l’intention de prendre part à Abuja prise, le gouvernement adopte en conseil des Ministres, comme par défi, un budget 2010 de plus de 734 milliards, réalisant ainsi une hausse de quelques 4 milliards par rapport au budget 2009. Il est même ressorti que quelques 300 milliards sont attendus de l’extérieur. De quel extérieur s’agit-il ? Puisque depuis les sanctions de la CEDEAO du 17 octobre passé, d’autres regroupements communautaires s’y sont alignés. A l’exemple de l’Union Européenne, principal bailleur des fonds du Niger, qui « a enclenché le compte à rebours : Niamey a désormais 30 jours, à compter de cette invitation, pour proposer un calendrier des (négociations). Déjà, depuis cet été, l’UE a suspendu son aide budgétaire évaluée à 180 millions d’euros. Au total, ce sont plus de 450 millions d’euros d’aide au développement que Bruxelles devrait attribuer au Niger, d’ici 2013, au titre du 10ème Fonds européen de développement (FED) ». A cela se sont ajoutées les turbulences de ces derniers jours à la frontière nigéro-nigériane et certains excès dont sont victimes les Nigériens dans les pays de la sous- région. De plus, alors qu’on attendait de la part du Président de la République une décision allant dans le sens de l’annulation des élections législatives du 20 octobre passé, voilà qu’on apprend, de sources sûres, que la Cour Constitutionnelle se prépare à les valider ce lundi ou au plus tard le mardi. Cette validation serait suivie aussitôt de leur promulgation et de l’installation de la première Assemblée Nationale de la 6ème République. En agissant ainsi, le gouvernement ne fait-il pas fi des contestations soulevées par la tenue de ces élections tant au niveau de l’opposition nigérienne qu’au niveau de la CEDEAO et des autres institutions internationales ? Un gouvernement engagé dans une logique de dialogue peut-il continuer à agir, avec une déconcertante désinvolture, comme si de rien n’était ? A l’apparence, il faut chercher la réponse à cette question dans la conférence de presse, tout aussi insolite en cette veille de Abuja 1, tenue par le Ministre de la Communication, Porte- parole du gouvernement, ce dimanche. En substance, l’on comprend que le gouvernement estime être dans son bon droit de ne laisser aucune parcelle de la souveraineté du peuple au nom d’un dialogue avec la CFDR. En somme, au journal ‘’Le Canard Déchaîné’’, nous saluons la bonne disposition d’esprit affichée de part et d’autre pour une sortie de crise. Cependant, nous savons que le dialogue étant un comportement, il y a lieu que les uns et les autres adoptent un langage responsable et univoque. Sur ce long chemin vers la paix et la construction de l’unité nationale, il n’y a plus de place pour les actes de frustration réciproque. Il y a nécessité d’apaiser le climat entre les deux camps en évitant les provocations et autres poursuites. Ensuite, chaque camp doit savoir que ses positions ne sont pas la vérité. Ce faisant, il se met dans la position de faire les concessions nécessaires à l’aboutissement du dialogue. Enfin, l’intérêt national étant le plus important, il y a lieu de prendre les mesures qui sécurisent les différents protagonistes quant aux actes illicites qu’ils ont été amenés à poser dans la défense de ce qu’ils pensaient être le chemin juste. La nation se construit avec toutes ses filles et tous ses fils. Bon gré, mal gré. Dieu ramène la sérénité au Niger ! 09 novembre 2009 |



















Le pouvoir de Niamey usera-t-il d’un double langage en décidant, enfin, d’envoyer une délégation à ce qu’il convient d’appeler Abuja 1 ? Cette question mérite d’être posée lorsque ce même régime dit une chose et fait son contraire, un peu comme le chauffeur qui clignote à gauche pour virer à droite ! Au risque de décevoir les triomphalistes naïfs, votre journal ‘’Le Canard Déchaîné’’,
fidèle à son indépendance d’esprit, estime que des faits ; posés, çà et là, par le régime Tandja au cours de la semaine écoulée ; permettent de donner raison à la sagesse nigérienne qui affirme que : « haï kan sé boro ninga gna néré, mo si bo ga noro gare ». Autrement dit lorsqu’on vend sa mère pour satisfaire un besoin, on n’a pas le droit de passer la nuit avec cet argent.

ils sont tetus comme des bouricots au taz