Né en 1974, quelques semaines après le coup d’état militaire qui porta Seyni Kountché au pouvoir, moi comme beaucoup d’autres enfants nigériens nés la même année, avions longtemps porté le sobriquet de « enfant de Kountché ».Le souvenir du 15 avril 1984 est encore vif dans ma mémoire « d’enfant de Kountché » . Cette année là, pour célébrer les 10 ans au pouvoir du CMS (conseil militaire suprême), le régime nous acheta un pantalon, un tee-shirt et un bonnet aux couleurs nationales. Aussi, en préparation de l’événement, nous avions participé plusieurs semaines durant à des répétitions visant à faire accorder nos petites voix excitées - existées non pas par l’événement en lui-même je me rappelle, mais plutôt par l’opportunité qu’il nous offrait chaque soir de quitter plus tôt l’école pour la pratique de notre performance. Le jour J, les yeux brillants de joie innocente, le cœur battant au rythme de la musique militaire, nous avions marché dans un ordre parfait, en direction de la tribune officielle érigée sur la place Toumo. Sous l’illusion puérile d’être investis d’un mandat officiel, nous nous croyions les acteurs principaux de cet événement grandiose qui n’a d’égal que la puissance suprême de la parade militaire. Arrivés devant la tribune officielle où étaient assis le général Kountché et sa suite, nous fîmes un arrêt. Et au signal de la maitresse d’école, nos petites voix de sopranos avaient scandé: « 1974-1984 ! Nous avons 10 ans ! Nous ignorons la faim et la soif ! Vive le CMS ! Vive le CMS ! ».
Vingt-six ans après ce grand défilé, hélas la faim et la soif ne se sont pas laissées ni séduire ni intimider par nos slogans engagés. Cette année encore, des intestins nigériens se plient de faim et des lèvres toujours desséchées par la soif. Il est évident pour moi que la promesse de nos ainés n’a pas été tenue, car si un seul Nigérien a faim, c’est tout le Niger qui a faim, nos sorts étant liés et notre destin commun.
Pourtant, le Niger a jadis eu un passé presque glorieux. Dans les années 80, il fut un petit Eldorado pour les citoyens des pays voisins. Quittant femmes, maris et enfants, ils y immigraient par milliers, à la recherche de la vie décente que ne pouvaient leur offrir leurs pays. Inutile de nous laisser bercer par ce doux moment de gloire, il est bien révolu ; la vague migratoire a depuis changé de direction. Le Niger de 2010 a de la difficulté à arrêter l`hémorragie d’émigration vers l’Europe et les youza (USA) de ses enfants en quête de jours meilleurs pour leurs familles laissées derrière. Tous ces migrants caressent le même rêve, celui de pouvoir un jour regagner le bercail, mais rares sont ceux qui y parviennent. Conscients de la pérennité de la misère laissée derrière, la plupart préfèrent rester, année après année, et composer avec les dures réalités de l’immigration : la solitude, la clandestinité, les journées interminables de travail, l’hiver glacial, le choc culturel et souvent le mépris de certains locaux. Malgré leur farouche détermination, ils ne pourront améliorer, au mieux, que la vie des leurs. Le vrai changement, celui qui profitera à tous les Nigériens et Nigériennes, ne pourra venir que de l’intérieur.
Diagnostic du cas Niger?
Comme disent les médecins et les psychiatres, rien ni personne ne réussira à changer la condition d’un malade contre sa propre volonté. Le premier pas vers la guérison du malade consiste d’abord à le faire arrêter de jouer à l’autruche, le confronter à la réalité et lui faire prendre conscience de la gravité de son état. Certes, cette réalité est souvent désagréable et peut faire plus mal que la maladie. Mais ainsi va le processus de la guérison : avoir mal pour arrêter d’en avoir indéfiniment. Supporter le goût amer de la pilule pour combattre le mal. Il en est de même pour toutes les grandes œuvres humaines ; presque toutes se sont réalisées dans l’inconfort et dans la douleur, jamais dans le plaisir. Nous avons cette capacité en tant qu’humains à changer ce qui nous dérange, mais nous possédons aussi enfouie en nous cette tare qui nous permet de nous adapter à toutes les misères du monde pour peu qu’on n’en soit pas conscient ou qu’on ne veuille rien y changer.
Au Niger, ceux qui sont sensés jouer aux médecins sont encore plus aseptisés que nous à cette réalité ; ils la fuient comme la peste, à juste titre d’ailleurs car elle met à nu la frontière de leurs talents de gouvernants, elle montre leur échec. Ils la cachent, la maquillent, allant jusqu’à la renier et pour cela tous les moyens sont bons : censure des images d’enfants malnutris, éviction des organismes humanitaires trop zélés, guerre sémantique – ils parlent de période de soudure au lieu de dire famine – et contestation des statistiques internationales sur le développement.
Donc, le premier pas vers la résolution de nos défis consiste à faire le constat de la place peu enviable qu’occupe le Niger dans le palmarès des nations. Nous sommes le dernier pays de la planète. Cette information, aucun Nigérien n’en est fier, c’est certain. Mais au lieu de la balayer du revers de la main, prenons le temps d’en analyser la portée, ayons le courage de la regarder en face même si elle nous fait mal.
Selon l’IDH (l’indice de développement humain) le Niger se classe 182e sur 182. Rappelons au passage que l’IDH n’est pas une conspiration occidentale visant à nous humilier et à nous nuire comme aiment le dire certains. Au contraire, cet indice, comme disait son initiateur l`économiste Pakistanais Mahbub Ul Haq, a pour objectif de mettre l`humain au centre du développement. Ces statistiques ne sont pas non plus vides de sens comme le prétendent d’autres ; elles traduisent une réalité que les dirigeants veulent escamoter et tourner en dérision, simplement pour masquer leur incompétence et leur incapacité à faire mieux là où les autres nations font des prouesses. Ces chiffres ne remettent pas en question la fierté des Nigériens, l’ingéniosité de nos artisans, la créativité de nos artistes, le talent de nos hommes et femmes, le courage de nos mères, l’ardeur au travail de nos agriculteurs; rien de tout cela n’est remis en cause.
Ces chiffres traduisent ce que nous vivons au quotidien : des millions d’individus ne peuvent manger à leur faim, avoir accès à de l’eau potable, se soigner, s’habiller ou se loger adéquatement. Faisons en sorte qu’il y ait plus d’enfants qui aillent à l’école, moins de bébés ou de mères qui meurent, plus d’eau potable et ces mêmes statistiques seront là pour faire l’éloge de notre progrès en tant que peuple.
Tout pays se doit d’assurer un minimum de dignité à ses citoyens, les protéger et leur offrir l’opportunité de pouvoir se soigner, s’éduquer, se nourrir et se loger. C’est cela le développement humain, et ce sont ces éléments qualitatifs qu’essaie de mesurer l’indice. Donc au delà des chiffres et des classements, ces statistiques militent pour accroitre la capacité de chaque citoyen et citoyenne à atteindre à son plein potentiel et à avoir la liberté de choisir la vie à la quelle il ou elle aspire. Je ne connais pas beaucoup de Nigériens qui refuseraient ce type de développement.
A mon sens, cet indice peut servir de grille d’évaluation du travail des gouvernants. Au lieu de jacasser sur la possibilité d’achever des œuvres souvent imaginaires, ils peuvent dire en terme concret, comment ces dites œuvres ont amélioré la vie des gens, combien d’enfants sont allés à l’école grâce à ces classes additionnelles, combien de femmes et d’enfants ont été sauvés dans ces centres de santé ou combien de villageois arrivent à manger grâce à ces fameux barrages. La construction d’ouvrages en lui-même ne fait pas de miracles. A quoi servent une classe sans enseignant, une case de santé sans infirmier et sans le moindre médicament ?
Dans le cas du Niger, l’IDH pourrait aussi servir de catalyseur pour une mobilisation de la population autour d’un projet de développement commun, simple et mesurable : quitter cette position de dernier.
Le Niger, un jeune pays ?
Les tâtonnements et les errements dans sa marche laborieuse vers la démocratie et la modernité peuvent sans nul doute être imputés à son jeune âge, car vu dans l’optique de la longue vie des nations, souvent plusieurs fois centenaires, le Niger n’est qu’un bébé. L’absence de gratte ciels, de TGV (trains à grande vitesse) ou de super marchés n’est pas alarmant en soi car pouvant se conjuguer avec le temps. Cependant, ce qui ne peut être mis sur le dos de sa jeune existence en tant que nation autonome, c’est la famine, la pauvreté, l’analphabétisme et la forte mortalité chez les enfants et les femmes nigériens.
Pendant que les pays voisins prennent leur envol vers de lendemains meilleurs, le Niger lui, stagne et s’engouffre. A titre d’exemple, le rapport 2009 de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique qu’au Niger, 1800 femmes meurent sur chaque 100 000 accouchements contre seulement 970 au Mali et 700 au Burkina.
Selon le rapport 2009 du PNUD, en 2007, près de 58% des Nigériens n’avaient pas accès à une source d’eau potable contre 40% au Mali et 28% au Burkina. Et pendant que 66% vivent avec moins de 625 CFA par jour au Niger, ce pourcentage représente 51% au Mali et 57% au Burkina. Ces chiffres se passent de tout commentaire. Comment se fait t-il que tous les autres pays devenus autonomes comme le Niger en 1960 réussissent mieux à nourrir, soigner et éduquer leurs enfants ? Que font-ils de différent ? Qu’ont-ils compris que nous avons encore peine à appréhender? Quel secret leurs fétiches leur ont divulgué que nos Boris et Holley nous cachent encore ?
Si les voisins font mieux, on peut alors battre en brèche l’argument de la jeunesse du pays comme facteur explicatif des calamités naturelles et humaines qui épousent avant même sa naissance, d’une union fidèle et funeste, le destin de chaque enfant né au Niger.
La misère, une fatalité ?
Certains diront que les conditions rudes qui nous assaillent de toutes parts ne sont que des épreuves divines visant à tester notre foi de fidèles. Sommes-nous plus croyants que les uns ou plus mécréants que les autres peuples de cette planète pour mériter un tel sort ? Pourquoi devrons-nous nous considérer indéfiniment dans le coin peu confortable des « testés », ceux-là qui doivent se priver de presque tout sur cette terre pour mériter leur paradis ? L’Arabie Saoudite qui abrite notre lieu saint ne se prive pas des merveilles présentes ici-bas et mieux d’ailleurs, les Saoudiens considèrent toutes ces gâteries de la vie comme une grâce divine récompensant leur piété religieuse.
Tout esprit sain peut voir que le Niger non plus n’est pas moins sous la grâce divine, bien au contraire. Dieu nous a choyé en tapissant le sous-sol de notre immense pays d’innombrables richesses naturelles, en nous gratifiant d’un des plus grand fleuves d’Afrique, en nous épargnant du ravage des cyclones et des tsunamis. Nous sommes donc des enfants choyés de Dieu, au même titre que les autres peuples de la terre ; il nous aime autant qu’il aime les autres. Nous n’avons donc aucune raison de penser qu’il châtie le Niger et épargne les autres.
La faute des gouvernants ?
Que fait l’élite politique pendant que la famine frappe nos concitoyens? Tout d’abord, accordons à César ce qui lui revient ; les militaires ont sonné l’alarme et s’activent à distribuer gratuitement des vivres dans les zones touchées et font de leur mieux pour résorber la crise héritée du régime précédent.
Mais le point focal du pays se trouve dans la capitale Niamey où se tiennent des élucubrations visant à pondre une constitution et des textes blindés. Encore les mêmes débatteurs, ceux-là mêmes qui ont pris part et à l’accouchement et à la mise à mort de toutes les lois qu’a connues le pays, se donnent rendez-vous pour en ressusciter quelques unes. Ils ont comme d’habitude monopolisé le débat national et l’ont ramené à une simple expression de choix de régime politique, de leur régime, sans aucun égard aux préoccupations des plus vulnérables, l’écrasante majorité.
Dans ces grandes discussions, la famine on n’entend mot, elle ne suscite aucun balbutiement de stratégie. Tout ce qu’on en voit ce sont ces images de dirigeants, souriant jusqu’aux oreilles, réceptionnant les vivres venus des pays voisins et d’ailleurs. On peut ironiquement reconnaitre à ces dirigeants présents et passés leur talent de mendiants, leur efficacité dans la collecte des aides humanitaires, tant ils excellent dans l’art de susciter la sympathie des pays, même les plus réfractaires à la pitié. Malheureusement, aucun peuple ne voudrait porter des mendiants à sa tête, qu’importe l’aise avec la quelle ces derniers remplissent leur sébile. Le souhait de toute nation est de s’épargner cette ignominie de la mendicité étatique qui se mue en politique d’auto-suffisante alimentaire.
Les Nigériens auraient bien aimé voir s’ériger une tribune où aurait pu se décider une bonne fois pour toute des stratégies alimentaire, sanitaire et éducative pour le pays. Des stratégies visant à envoyer tous les enfants à l’école, vacciner tous les nourrissons, nourrir et soulager la vie des femmes et des vieillards. N’est-ce pas là des valeurs prônées par nos religions et nos coutumes nationales ? : Aider notre prochain.
La faute des voleurs ?
Au delà des enquêtes et des demandes de restitution des biens volés, il serait plus efficace que les personnes reconnues par la justice, coupables de vols de biens publics, soient considérés et traités comme des criminels. Au Mali voisin, cela donne des résultats probants. Le détournement des deniers publics est une calamité humaine qui prive la majorité des gens de l’essentiel vital, qui empêche à des milliers d’enfants d’aller à l’école et qui en bout de ligne cause la mort de milliers d’autres par manque de soins. Car plus l’Etat perd des sous, moins il peut offrir des services à ses citoyens. Hélas, les victimes sont réelles et nombreuses. Laisser les coupables se pavaner en toute tranquillité pour peu qu’ils restituent les biens volés s’appelle de l’impunité.
Ces commissions de crimes économiques montées à la hâte pour le temps d’une transition envoient le message que le pire qui peut arriver à un voleur est de se faire confisquer le bien volé. Pourquoi envoyer alors les petits cambrioleurs en prison ? La justice nigérienne est-elle devenue cette toile d’araignée qui n’attrape que les petites mouches ? La simple demande de restitution d’un bien volé n’est pas une punition, mais bien un encouragement au délit. C’est ça que les financiers appellent: free lunch. Autrement dit, un diner gratuit : une spéculation dans laquelle on court la chance de s’enrichir sans encourir aucun risque.
La lutte contre le vol des deniers publics ne doit pas être une activité passagère dirigée pendant 3 ou 6 mois par une commission transitoire. C’est l’un des maux les plus pernicieux dont souffre le pays. Le combat doit être du ressort d’un organe juridique permanent, indépendant de toute tutelle politique
Un individu reconnu coupable de détournement de bien communs devrait perdre le privilège d’être éligible de contracter avec l’état du Niger et ses démembrements ou de se voir confier une quelconque responsabilité publique.
L’instabilité politique ?
Beaucoup soutiendront que c’est la stabilité politique qui conduira à l’amélioration des conditions de vie des masses. Au Niger c’est la salade servie depuis des décennies. Mais même dans une relative stabilité, les dirigeants se sont donné pour premier et souvent unique agenda de s’extirper eux-mêmes de la misère, et hélas souvent par tous les moyens. Ceux qui se sont succédé, ont presque tous mis leur échec sur le dos de l’instabilité politique ; à les entendre parler on croirait que le Niger était en guerre civile.
Pourtant la dernière décennie a été marquée, de l’avis même de la classe politique, par une stabilité politique jamais égalée. Quel en est le résultat aujourd’hui: famine, chômage, vol des deniers publics, coup d’état.
L’argument de l’instabilité politique vole en éclats lorsqu’on compare le Niger à des pays comme l’Afghanistan, la Sierra-Leone ou le Tchad. Ces pays ont été dévastés par des guerres qui ont presque tout anéanti : écoles, hôpitaux, routes, bâtiments publiques, installations d’eau et d’électricité. Pourtant, même sous la pluie des balles, des bombes et des missiles, les Afghans, les Sierra Léonais et les Tchadiens arrivent à faire mieux que le Niger et se classent plus haut dans le palmarès des nations. Comment cela se fait-il?
Si les pays au milieu de l’anarchie et du chaos se nourrissent, se soignent et éduquent leurs enfants mieux que le Niger et si ce dernier n’a réussi à sortir de ses 10 ans de stabilité politique et sociale que l’accroissement de sa misère, convenez avec moi que l’argument de la stabilité avant et du bien-être après doit être rejeté.
Il serait judicieux de renforcer l’indépendance de l’administration publique afin que celle-ci puisse continuer à servir la population en dépit des guéguerres prévisibles voire inévitables entre les acteurs au pouvoir. On ne perd rien à supporter quelques imperfections politiques et à s’atteler d’abord et avant tout à relever le niveau de vie des masses, à faire de cet objectif une constante, qu’importe le dirigeant ou le parti au pouvoir. Si cela s’est fait dans les pays en guerre, c’est faisable aussi au Niger.
La seule alternative, quitter cette position de dernier.
Tant que la tendance actuelle se poursuit, tant que plusieurs des 23 millions d`habitants que comptera le Niger en 2020 auront faim et seront dans l’incapacité de se soigner et de se loger adéquatement, la stabilité politique, la justice et l’égalité ne seront que chimères. Le meilleur modèle politique, la meilleure constitution, les meilleurs textes n’y feront rien. Si rien ne change, des personnages se prenant pour des messies, on en reverra ; ceux confondant le pays à leur poche, il en pullulera ; des crises politiques et des Tanja, il y’en aura et des Salou aussi.
Manger étant le plus important des besoins humains, la seule alternative viable pour le Niger, sera d’abord de solutionner son problème alimentaire et assurer un peu de dignité à ces citoyens. Il n’est plus concevable que le pays fasse recours d’année en année à l’aide humanitaire pour nourrir sa population. Contrairement à l’argument avancé depuis longtemps, le problème n’est pas dû à la mauvaise pluviométrie mais plutôt à la pauvreté à outrance de la majorité. Vous serez d’accord qu’au moment où la famine frappait, tous les marchés et les magasins étaient bondés de vivres. De plus, au même moment le Niger accroissait l’exploitation de son or, de son uranium et de son pétrole ; mais ces richesses ne font le bonheur que d’un petit groupe.
La politique ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt un moyen pour améliorer la vie des peuples. Au lieu de se précipiter dans des alliances atypiques, anti-démocratiques, qui voleront d’ailleurs en éclats à la première bourrasque, et qui bafouent même les principes pour lesquels ils se battent, y compris la stabilité, les prétendants à la magistrature suprême devaient individuellement proposer à la population dans un langage clair, leurs solutions pour nourrir, loger et soigner plus de nigériens, leur stratégie pour faire quitter le Niger cette position de dernier.
Abdouramane Boureima
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Commentaires (14)
...
Tout d’abord merci pour cet article qui est très instructif dans le fond et la forme. Il doit nous faire reflechir en tant que politiciens ou simples acteurs de développement.
Je voudrai juste ajouter au dernier point de votre analyse qui me semble être la conclusion. Oui, notre besoin urgent est de manger a notre fin. Depuis 1943, le psychologue Abraham Maslow a décrit la hiérarchisation des besoins de l’homme dans son livre ‘A Theory of Human Motivation’. Au bas de l’échelle nous avons nos besoins physiologiques que vous mentionnez très bien. En remontant, nous avons nos besoins de sécurité, besoins d’amour et d’appartenance, besoins d’estime et nos besoins d’accomplissement personnel.
Oui, nous avons besoin de manger, boire, dormir, avoir accès à la santé, l’éducation, l’emploi, avoir une confiance en soi, avoir de l’estime personnelle, la liberté, d’amour et un accomplissement personnel. Ces besoins sont minima et vitaux. Ce n’est pas trop demander que de les avoir.
Merci d’accepter ma contribution.
Dr. Hangadoumbo
...
...
Je conviens que le temps est à l'Action non seulement pour nous soustraire de cette place peu enviable de dernier mais aussi pour donner un minimum de dignité à notre peuple. Et nous avons les moyens de cette Action.
Je partage ton argument sur la mendicité. En effet, je n'ai jamais vu un pays développé où les gens travaillent pendant trois à quatre mois (la durée de la saison pluvieuse) et espère avoir assez pour vivre pendant douze mois. Il est opportun ici de citer un poème que ressassent les paysans chinois:
==Version anglaise:
"No food without blood and sweat.
Farmers are busy; farmers are busy; if farmers weren't busy, where would grain get through the winter come from?
In winter, the lazy man freezes to death.
Don't depend on heaven for food, but on your own two hands carrying the load.
Useless to ask about the crops, it all depends on hard work and fertilizer
If a man works hard, the land will not be lazy"
==Traduction française
"Pas de nourriture sans effusion de sang et de sueur.
Les agriculteurs sont occupés, les agriculteurs sont occupés; si les agriculteurs n'étaient pas occupés, d'où proviendraient les grains hivernaux.
En hiver, le paresseux gèle à mort.
Ne dépendez de la nourriture du ciel mais sur l'effort de vos deux mains.
Inutile de poser des questions sur les cultures, le tout dépend du dur labeur et d'engrais.
Si un homme travaille dur, la terre ne sera pas paresseuse"
Le proverbe d'origine chinoise ci-dessous est révélateur:
"No one who can rise before dawn three hundred sixty days a year fails to make his family rich"
"Aucune personne qui peut se lever avant l'aube trois cent soixante jours par année échouera à rendre sa famille riche"
En synthèse, l'écrivain ivoirien Bernard Binlin Dadié l'a si bien dit dans son roman Climbié (1953):
"Le travail et après le travail, l'indépendance mon enfant. N'être à la charge de personne, telle doit être la devise de votre génération."
Tahirou Assane Oumarou
...
Les 3 commentaires précédents résument ce que je pense de ton article. J'ajouterai simplement que la comparaison que tu fais avec le Burkina Faso et le Mali est la meilleure illustration de l'état de l'état de déliquescence dans laquelle se trouve notre pays. Ces deux pays qui constituent avec le notre les pays de l'hinterland ouest africain et qui ont sensiblement la même population que nous (14 à 15 millions d'âmes)ont tellement fait des progrès ces dernières années qu'ils nous faudra une à deux décennies pour les rattraper. L'explication de cette déconvenue se trouve dans ton article.
Je te tire mon chapeau
...
•Politique : Aveuglement et manque de patriotisme de la classe politique. Faut-il attendre l’arrivée d’un homme politique au pouvoir qui soit consciencieux et soucieux du développement du Niger?
•Comportement social : État d’esprit défavorable au développement .Faut il attendre un changement de mentalité au niveau social fondé sur l’objectivité, l’honnêteté et le travail à la chinoise ?
Je pense que le second conditionne le premier. Quelque soit les aptitudes et la volonté d’un Homme politique dans un contexte démocratique, c’est le peuple qui décide définitivement de son propre développement aussi bien en amont qu’en aval. En effet c’est le peuple qui choisit et qui sanctionne, c’est le travail du peuple qui nourrit le peuple. Tant que les nigériens continueront à élire des Hommes politiques pour des raisons familiales et intérêts personnels il ne bougera pas d’un pas…
...
Sekou Ali Dessa.
...
...
Tu viens d’exposer un exemple de raisonnement, des questions que nos chers politiciens (ou ceux-là qui se disent politiciens) devront se poser et/ou avoir avant d’établir leur programme « pour le peuple par le peuple ».
Tu viens de brosser un exemple d’analyse critique qui interpelle la conscience de toutes et tous. Mais il y a une question qui me revient à chaque fois que j’entends parler du Niger. Est-ce que la démocratie existe réellement au Niger??
Mon seul souhait Abdou, est que ce message soit lu et compris par les dits politiciens.
Amadou R. Salifou
...
Compatriote. Très belle pertinente analyse qui ne peut laisser aucun patriote sincère indifférent. Le Niger doit être fier de ses dignes fils comme toi, contrairement à d'autres qui n'ont appris qu'à se servir au lieu de servir leur pays. Je suis tout à fait d'accord que si, aujourd'hui le Niger est derrière le Mali, le Bourkina, le Benin, le Togo, le Tchad, le Libéria, la Sera Leonne, la Guinée, la Mauritanie..., ce n’est pas un fait du hasard. Il y a bien anguille sous roche, et c'est pourquoi nous devrons tous agir comme un seul Homme pour relever ce défi. La tâche est bien grande et lourde, mais comme on a l'habitude de le dire, « à cœur vaillant rien d'impossible ». Pour ma part je reste optimiste, car avec des patriotes comme toi à tous les niveaux de responsabilité de notre pays, le Niger de 2020 ne sera pas comme le Niger d'aujourd'hui. Ce défi ou cette dure réalité, nous doit nous interpeller tous, en particulier la jeunesse, garante de l’avenir de notre pays et de notre destin commun. Cette nouvelle génération, doit épouser toutes les valeurs progressistes et sociales afin de faire de la justice et de la solidarité (gage d’un développement durable), une réalité dans notre pays. Ainsi la prise de conscience doit être collective et effective à travers le choix de nos dirigeants, sans tenir compte de leur appartenance ethnique ou régional, mais en tenant compte de leur intégrité morale et de leur rigueur au travail. Sans cela, nous serons toujours à la case de départ avec l'eternel scénario de recommencement comme ce que tu viens de dire dans ta conclusion. Une fois encore merci et bon courage.
...
Mais pour cela, il faudrait un grand courage politique et un personnel nouveau. Or, malheureusement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les prochaines élections n'apporteront aucune nouveauté sinon ramener au pouvoir des gens qui y étaient déjà à un titre ou un autre.
Assurer une scolarisation au plus grand nombre, lutter contre la corruption, maitriser la démographie, développer l'économie en produisant localement,.... tout cela leur est étranger..Il est difficile dans ce cas là, d'espérer..
































énigrer le...