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Vendredi, 10 Fév 2012
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Mission de suivi de la campagne agricole 2010 : des indicateurs assez reluisants pour présager d’une bonne campagne

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Le développement du secteur rural en général, celui de l'agriculture et de l'élevage en particulier constitue une des priorités des autorités du CSRD et du gouvernement. En témoignent les fréquentes visites du Chef de l'Etat, le Général de Corps d'Armée Djibo Salou au sein des différentes structures du Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage, ceci dès l'installation de la campagne agro-pastorale, la déclaration du Premier ministre lors de la cérémonie de remise de feuille de route au ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, le 2 août 2010.

Dans la droite ligne de cet engagement politique en faveur du monde rural, des actions majeures ont été menées pour la campagne agricole en cours. Il s’agit en effet, d'améliorer la contribution du secteur dans la croissance économique et les conditions de vie des populations rurales. C'est ainsi qu'en début de la campagne agricole, d'importantes quantités de matériels, d'équipements et d'intrants agricoles ont été placées au niveau de chaque région afin que les agriculteurs abordent avec sérénité la campagne agricole 2010. Et comme par le passé, le CSRD et le gouvernement entendent tout mettre en œuvre cette année aussi pour assurer un bon suivi de la campagne agricole. C'est ainsi qu'une mission de journalistes du Ministère de l'Agriculture et l'Elevage, qui a sillonné, du 22 août au 5 septembre 2010, tous les chefs lieux des régions ainsi que certains départements et communes, a pu évaluer l'installation effective de la campagne au niveau de chaque région. L’équipe qui a échangé avec les paysans et les éleveurs, autorités régionales, départementales et les cadres du terrain sur les appuis en matériels et intrants agricoles affectés à leur niveau, a mesuré  le niveau de l’évolution positive de la campagne agropastorale 2010 qui s’annonce sous de bons signes, tant sur le plan agricole que pastorale. Une année de campagne agropastorale exceptionnelle est en vue, si les pluies encore abondantes dans toutes les localités du pays continuent au moins jusqu’au 15 septembre ou fin octobre dans certains villages. Certains villages ont déjà goûté au nouveau mil appelé ‘’Toumou’’ ou ‘’Guirmey’’. D’autres sont à la récolte tandis que ceux qui n’ont pas eu la chance d’être arrosés suffisamment  sont encore à leur 4ème  semis. C’est le cas du village de Guidouman situé dans la commune rurale de Afala dans la région de Tahoua où les populations résignées par cette calamité ont pris leur mal en patience et s’attèlent déjà aux préparatifs de la campagne de contre-saison. Le chef de village, Mohamed Hamidin, très serein, a indiqué ceci : « nous devons nous rendre à l’évidence  et nous apprêter à exploiter les eaux du barrage de notre village. Pour cela, nous sollicitons l’aide de l’Etat et de nos partenaires pour nous assister en semences et engrais pour démarrer les cultures d’irrigation à temps ». Cette situation de précarité est malheureusement présente dans plusieurs localités des régions de notre pays. A cela s’ajoutent les cas d’inondation, autres calamités où certains paysans ont vu impuissants leurs récoltes et  leurs bétails emportés par les eaux suite aux fortes précipitations enregistrées par endroits.  La mission a partout observé une végétation luxuriante à perte de vue où on voit paître des troupeaux de gros et petits ruminants. Ces animaux de retour d’une rude et sévère transhumance présentent déjà de l’embonpoint  malgré la crise en aliment de  bétail. Ce qui a décimé un grand nombre d’entre eux. De Tahoua à Agadez en passant par Zinder, Diffa, Maradi, Dosso, Tillabéry et Niamey, les producteurs et éleveurs sont unanimes sur l’évolution positive de la campagne agropastorale. Par exemple, le nouveau haricot est déjà sur les marchés à Mirriah, Matamèye dans la région de Zinder cassant du coût leurs prix jadis élevés. Dans la région de Dosso, le directeur régional de l’élevage a indiqué que le prix d’un bouc actuellement équivaut au prix de deux sacs de mil. Du coup, ces deux cas de figure contribuent à l’atténuation de la crise alimentaire qu’a vécu près de la moitié de la population de notre pays. Mais à Zinder comme à Dosso où la mission a rencontré les Gouverneurs de ces régions, ce n’est pas encore le moment de se frotter les mains et d’attendre la moisson. A l’instar des Gouverneurs des autres régions, ils ont invité les populations à une meilleure gestion de leur récolte en évitant le gaspillage et les feux de brousse. Mieux encore, pour ne plus jamais vivre les différentes crises alimentaires, les Gouverneurs ont tous lancé des appels à l’endroit de leurs populations administratives pour s’activer d’ores et déjà aux préparatifs des cultures de contre-saison. Comme ils l’ont souligné, seules ces cultures peuvent nous sortir des situations néfastes des aléas climatiques souvent difficiles. Car, soutiennent-ils, le Niger dispose d’énormes potentialités en eaux du sous-sol. Par exemple, la région de Dosso détient à elle seule, 35% des sols irrigables du pays où malheureusement moins de 5% de ces sols sont exploités.  A Agadez, les ressources terres sont estimées à 110.000 ha exploitables dont 100.000 ha dans l’Irhazer et 10.000 ha au niveau des bas-fonds et koris. La superficie moyenne exploitée au niveau de cette région est de 3.200 ha dont 1.500 ha en cultures vivrières et 1.700 ha en cultures irriguées. Seuls environ 3% des terres exploitables sont exploitées. Ceci nous ramène à l’incontournable nécessité de développer les cultures irriguées. En effet, seule une maîtrise totale de l’eau associée à une mécanisation raisonnée, à des variétés performantes et à un plan de fumure adéquate garantiraient une production agricole régulière et durable dans toutes nos régions. La mise en valeur des aménagements réalisés ne sera possible que par la facilitation de l’accès aux crédits agricoles aux producteurs ; un bon appui conseil et une organisation libre. Soucieux de cet état de fait; les responsables des régions des secteurs de l’agriculture et de l’élevage ont déjà élaboré des programmes annuels de culture de contre-saison. D’une manière générale, on peut noter avec satisfaction que la situation alimentaire s’améliore progressivement et qu’au niveau de toutes les régions, il y a une disponibilité des produits sur les différents marchés agricoles.

Amadou Alain Davies Habibou Issa Cellule Communication MAG/EL

08 septembre 2010
Publié le 08 septembre 2010
Source : Le Sahel

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