Le deuxième « Vendredi de la presse », qui a encore réuni une trentaine d’animateurs de la presse nigérienne aux Échos du Sahel, a cette fois permis aux participants d’analyser les divers genres journalistiques, en prenant pour exemple l’actuelle crise alimentaire. En partenariat avec Réseau Liberté International et le Fonds canadien d’appui aux initiatives locales (FCIL) de l’ambassade du Canada au Niger, Les Échos du Sahel avait organisé l’événement tenu vendredi dernier dans le cadre du projet Médias et démocratie sous le thème : « Les genres journalistiques ».
Le forum, fort couru par les médias, s’inscrit dans le cadre de la formation/accompagnement de journalistes de la presse écrite, radio et télévision que deux journalistes canadiens ont entrepris début février. Riche en échange d’idées et en exemples concrets tirés tant de l’expérience journalistique nigérienne qu’internationale, l’événement a permis de bien distinguer ce qui appartient à la nouvelle, au reportage, à l’analyse, à l’enquête, à la chronique, au commentaire et à l’éditorial.
Le fait de se rencontrer entre journalistes et de décortiquer chaque genre journalistique est de nature à nous éclairer afin qu’on puisse faire la part des choses. » Exemples à l’appui, le formateur Paul Breton du Réseau Liberté International a insisté sur l’importance de bien distinguer entre ce qui appartient aux faits bruts et à l’opinion.« Comme les journalistes nigériens n’ont pas toujours la formation suffisante, on mélange souvent allègrement les genres journalistiques, dit Mariama Alzouma, directrice de publication du magazine Aïcha.
« Le journaliste d’opinion est légitime mais il doit lui aussi être respectueux des faits et ne pas s’en écarter parce qu’ils ne vont pas dans le sens de ce qu’on veut prouver ou illustrer, dit-il. Le journaliste qui fait un compte-rendu ou un reportage est tenu de respecter les faits sans les commenter et de ne pas déformer la réalité car le public attend de lui une information fiable et complète. Il ne faut pas non plus mélanger les genres. Certains journalistes pensent avoir fait une enquête alors qu’ils n’ont fait qu’une simple entrevue… Ce n’est pas du tout la même chose. Une enquête demande beaucoup d’efforts et de temps et a pour but de révéler des informations qui autrement seraient restées cachées. ».
M. Breton a donné maints exemples de ce qui se fait dans les grands médias occidentaux, en l’occurrence la séparation qui existe entre la salle de rédaction vouée à l’information générale et l’équipe éditoriale chargée de diffuser la pensée politique du propriétaire du média. Un premier « vendredi de la presse » s’est tenu le 5 mars dernier. Au cours de cette rencontre d’échange d’idées, le débat a porté sur les conditions difficiles de l’exercice du métier dans un pays comme le Niger où les salaires souvent dérisoires, le faible niveau de formation, le manque de moyens matériels et une culture de rétention de l’information, empêchent les journalistes de véritablement jouer leur rôle, qui est d’informer la population. Le prochain et dernier « Vendredi de la presse », auquel sont conviés tous les journalistes nigériens, aura lieu le 19 mars aux «Échos du Sahel», quartier Cité Fayçal.
Daouda Hassane et Mayaki Saïdou
17 mars 2010
publié le 17 mars 2010
Source : Le Sahel














































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