S’il y a quelqu’un à qui doit s’en prendre l’ex-président de la République Tandja Mamadou, c’est bien évidemment son premier ministre Alio Badjo Gamatié qui la veile du coup d’Etat, a animé un point de presse pour jeter l’anathème sur la CEDEAO et chercher à discréditer les leaders de l’opposition en exil. Cette conférence de presse a eu lieu la veille des événements du 18 février 2010,
l’objectif selon l’ex primo est de partager avec les nigériens les principaux éléments du sommet de la CEDEAO tenu le 16 février à Abuja.
Les propos de Ali Badjo Gamatié qui ont mis le feu au poudre sont : « Nous avons relevé de vive voix que dans l’histoire de la CEDEAO, jamais un pays n’a été aussi lourdement et arbitrairement sanctionné, nous avons exprimé notre étonnement face au communiqué de la CEDEAO du 22 décembre 2009 et nous avons clairement dit que la CEDEAO n’a pas le droit de faire ce communiqué. Cela dénote une erreur de l’institution sousrégionale qui ne doit pas se répéter ». Il a ensuite dit que le referendum constitutionnel qui a engendré la naissance de la 6ème République indexé par la CEDEAO et la CFDR comme source de tous les maux du Niger est en fait un cadre pour régler les problèmes du Niger. Ces problèmes ne sont pas d’ordre constitutionnel, ce dont le Niger a besoin aujourd’hui c’est de combiner une batterie de grands projets pour mettre le pays sur les rails du développement. Ali Badjo Gamatié a aussi indiqué que la CEDEAO et l’opposition n’ont pas facilité la tâche des autorités nigériennes dans leur oeuvre de décollage économique du pays, les propos qui ont surtout choqué plus d’un c’est le fait que ce dernier s’en prend ouvertement à la médiation et à la CEDEAO en disant « la médiation dans sa forme actuelle n’a aucune chance de réussir, le fauteuil présidentiel est occupé par le président Tandja Mamadou, et cela n’est pas une matière à discussion », comme si il est en train de défier Dieu, et aujourd’hui qui occupe ce fauteuil ? Ensuite il a proposé donc un relèvement du niveau de cette médiation, avec plus d’efficacité et moins de médiation. La chute du président Tandja Mamadou, plusieurs personnalités pas des moindres de son clan l’ont favorisé, tous ces propos de Ali Badjo Gamatié font partie des principales raisons du coup d’Etat du 18 février 2010, mais surtout des décisions qu’a voulu prendre le conseil des ministres du 18 février, en voulant faire retirer le Niger de la CEDEAO, nouer des relations avec l’Iran, mais surtout la rumeur de mise à la retraite de beaucoup d’officiers supérieurs de l’armée pour des raisons que nous ignorons ici. Après la naissance de la 6ème République, Tandja Mamadou cherchait un oiseau rare pour le poste de premier ministre et a cru l’avoir eu Ali Badjo Gamatié, le « Goni », qui connaît bien comment fonctionne l’Union européenne, les institutions financières, pour le président Tandja Mamadou : « Yaron nan turantchi garé chi » c’est-à-dire que (ce petit connaît bien s’exprimer dans la langue de molière) hors c’est du bleuf, du « bla bla » rien d’autres. La preuve, la conférence de presse de Ali Badjo Gamatié a permis la chute du régime. Aujourd’hui la junte au pouvoir regroupée au sein du conseil suprême pour la restauration de la démocratie doit rendre justice au peuple du Niger notamment sur des grands dossiers à savoir le vaste programme spécial de plusieurs milliards (2000 milliards F CFA), l’or de Samira, les permis miniers, le bonus du pétrole qui a été accordé par la Chine pour notre pays de plusieurs centaines de milliards, le récent scandale des classes préfabriquées par la Chine de plus de 7 milliards et de beaucoup d’autres affaires. Le CSRD doit auditer toutes les institutions de la République, toutes les sociétés d’Etat, mettre le nez un peu partout pour voir ce qui s’est réellement passé les dix dernières années sans partie pris. Ils doivent le faire, ce ne sont pas des officiers de salon. Les Nigériens de tout clivage politique doivent les soutenir sans avoir d’autres considérations derrière la tête.
Djibrill Yayé Nassamou12 mars 2010
publié le 11 mars 2010
Source : L'expression














































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